Vécu Mois de Juin 2026

Une corneille du mois de juin

Voici mon billet mensuel répertoriant quelques unes de mes activités pendant ce mois de juin 2026 caniculaire, auquel j’ai réussi à survivre, peut-être grâce à des lectures rafraîchissantes, voire glaçantes?

Lectures

Han Kang: Celui qui revient, Leçons de Grec

Han Kang est une autrice coréenne que j’ai découverte l’année dernière avec La Végétarienne et Tristes Adieux. Par hasard j’ai acheté un recueil de poèmes d’elle, Ces soirs rangés dans mon tiroir, qui m’a totalement subjugué. Ce n’est pas évident d’expliquer pourquoi. Cela touche beaucoup à quelque chose d’intimes, qui n’est pas facile à partager.

J’ai donc commandé tous les livres en français de cette autrice. Mais comme la lecture de ces œuvres est souvent éprouvante, je me suis contenté de lire deux romans uniquement ce mois-ci: Leçons de grec et Celui qui revient.

Le premier est l’histoire de deux êtres, chacun avec sa propre blessure physique, qui vont se rencontrer. L’un est en train de perdre la vue. L’autre a perdu la voix : les mots restent bloqués en elle.

Le deuxième roman raconte un évènement historique violent de la Corée du Sud à travers le vécu de plusieurs personnages. Parmi les «témoignages», qui sont tous marquant à leurs manières, celui d’une âme qui reste rattaché à son corps, lui même entassé au milieu d’une pile d’autres corps en train de pourrir dans une forêt, est l’un plus réussi par son mélange de mélancolie et d’horreur banale.

Dans les derniers chapitres l’autrice se met en scène à son tour, expliquant sa découverte de ces évènements historiques et sa relation avec l’un personnage lycéen. Le titre anglais de l’ouvrage est Human Acts, ce qui éclaire le propos de l’auteur, et indique bien que le livre n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Sœurs, de Daisy Johnson

Les deux sœurs de l’histoire c’est Juillet et Septembre. Juillet est la narratrice de la première partie (Sheila, la mère, sera celle de la deuxième). Elle raconte les jeux auxquelles elle et sa sœur se livrent dans une maison isolée où leur mère s’est réfugiée avec elles. Septembre est dominante, dominatrice, et forcera plusieurs fois sa sœur à s’automutiler. Attention, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains : ça parle d’adolescence, de maladie mentale et d’harcèlement. Si on veut une fin à peu près heureuse, il suffit de ne pas lire les deux derniers chapitres, qui propose une première fin alternative optimiste. La deuxième fin, celle à laquelle le lecteur ne voudrait pas croire, vous fera éprouver vertige et effroi.

Autres lectures en vrac

Films

Séries

Deadloch

Le point commun avec la première saison : les jurons, les fausses pistes à chaque épisode, les policières femmes qui ne sont pas prises au sérieux, parce que femme. Les différences : il fait plus chaud qu’à la saison une qui se passait au Sud, tandis que celle-ci se déroule au Nord de la Nouvelle Zélande; la population côtoyée par nos héroïnes est moins woke, voire carrément ploucs, comme cette famille dont les membres vont finir par s’entre-tuer à coup de fusils.

L’intrigue est plus complexe qu’à la première saison. C’est toujours aussi drôle et plaisant, à condition de ne pas avoir peur des alligators.