Je crois que j’ai compris avec une lucidité frissonnante le jour où tu
m'as pris dans tes bras, lorsque j'ai senti un désir jeune, ardent et
non dissimulable dans ce geste.
Que le corps humain est une chose triste. Ce corps plein d’endroits
creux, tendres, vulnérables. Les bras. Les aisselles. La poitrine. Le
sexe. Ce corps qui est né pour embrasser, pour susciter l’envie de
l’embrasser.
J'aurais dû répondre avec ardeur à ton étreinte au moins une fois
avant que cette période passe.
Cela ne m'aurait pas nui.
Je n’en aurais pas été brisé, ni n’en serais mort.
Han Kang -
Leçons de grec