Il n’y a pas de monde de l’autre côté du rêve

Au moment où je réalise que je m'étais endormi alors que je rêvais les yeux ouverts, je ne ressens aucune douleur. Ni un sentiment de perte, ni de la résignation. Je ne fais que tourner le dos à ce songe, sans hésitation, pendant que le sommeil quitte mon corps. Ouvrant enfin les yeux, je me contente de fixer le plafond et les objets dont les contours se sont effondrés. Je ne fais que constater calmement qu'il n’y a pas de monde de l’autre côté du rêve d’où je pourrais m’échapper encore une fois.

Han Kang - Leçons de grec