Vécu Mois de Mai 2026
Voici mon billet mensuel répertoriant quelques unes de mes activités du mois dernier, mai 2026. En résumé: des classiques, des futurs classiques, et beaucoup d’œuvres commentées par pair dans le post de ce mois.
Lectures
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur
Un classique, qui était sur ma PAL depuis longtemps, que j’ai enfin lu, et même dévoré. Ce livre raconte sur plusieurs années divers évènements dans la vie d’une petite fille, la narratrice, qui a six ans au début de l’histoire. Elle et son grand frère vont découvrir au fil des pages et de leurs jeux d’enfants les choses étranges qui composent le monde des adultes et qu’ils ne pouvaient qu’ignorer avant.
C’est un livre touchant, bouleversant parfois, qui parle de l’enfance, de valeurs qu’un père essaie de transmettre et de respecter en dépit de la société. À lire pour reprendre espoir en l’humanité.
Aucune Terre n’est promise
De Lavie Tidhar, un auteur qui croule sous les prix et les distinctions, j’avais lu il y a quelques mois un autre roman, Une espèce en voie de disparition. Comme j’avais bien aimé ce polar à la facture classique, voire même qui enfilait les clichés les uns après les autres comme les perles, j’ai voulu lire le livre qu’il l’avait fait remarquer en France, Aucune Terre n’est promise.
Impossible de ne pas comparer les deux livres tant leurs points communs sont nombreux. Chaque s’attache à un genre particulier, le polar pour Une espèce en voie de disparition, les mondes parallèles pour Aucune Terre n’est promise. Chacun accumule ensuite les images types de son genre, qui rend la lecture un brin agaçant.
Dans une espèce en voie de disparition, qui se passe dans la dystopie devenue classique où l’Allemagne a gagné la seconde guerre mondiale, on suit un personnage partir à la recherche d’une ancienne amante, la fameuse femme fatale, dans les lieux mal famés d’une ville un peu glauque, Londres occupée par les allemands.
Aucune Terre n’est promise se déroule dans une uchronie où le projet Ouganda aurait été accepté: l’un membre de l’expédition de 1904 chargée d’évaluer la faisabilité de ce projet aurait eu la vision de la Shoah, et poussé ensuite à la création d’un foyer juif en Ouganda, pour servir de refuge aux juifs d’Europe. Le présupposé du livre est donc l’existence de mondes parallèles, l’un de ces mondes étant le notre. Parmi les clichés associés à ce type d’histoire on retrouve donc les personnes capables «glisser» entre ces mondes, certaines de façon consciente, d’autres non. Bien évidemment on pense à Philip K. Dick ou à Christopher Priest.
Malgré ces clichés on finit quand surpris par le dernier retournement dans Une espèce en voie de disparition, ou bien extrêmement touché par la nostalgie pour Aucune Terre n’est promise.
Frapper l’épopée
C’est le troisième roman d’Alice Zeniter que je lis. Celui-ci se passe en Kanakie; l’héroïne principale, Tass, est professeure de français dans un lycée et on suit son quotidien, son attachement en particulier à deux de ses élèves, des jumeaux. En parallèle un groupe d’activistes mènent des actions d’«empathie violente».
Comme dans L’art de perdre, Alice Zéniter amène le lecteur à re-découvrir des pans de l’histoire de France qui ne sont pas à sa gloire. Mais cette fois ci le passé ne sera pas l’objet d’une enquête, mais il sera raconté, joué, par un esprit se matérialisant dans l’eau devant Tass. L’introduction de fantastique dans un roman qui n’appartient pas au genre pour raconter des évènements d’un passé lointain m’a semblé être un procédé un peu artificiel. Un peu plus loin Alice Zéniter se met en scène en train d’écrire son livre.
À part ces deux éléments, le fantastique et la méta-fiction, que j’ai trouvé déplacés, j’ai beaucoup aimé ce livre, ses personnages, et le style précis et délicat de l’auteur.
La trajectoire des confettis
Je ne comprends pas comment ce livre n’est pas encore le livre culte de la génération Y. Sans doute qu’il est sorti trop tard (en 2019) pour cette génération là. Je l’ai découvert moi-même par hasard via mon club de lecture, ignorant son existence avant.
C’est un livre dense, avec de multiples personnages –principalement trois frères, le reste de leur famille sur plusieurs générations et leurs entourages–, de multiples lignes temporelles, et des fils narratifs qui croisent tous ces éléments.
Le livre parle d’amour, de sexe, de sentiments, et de famille. C’est souvent très drôle. L’autrice, Marie-Èves Thuot, avec ses personnages, prend un grand plaisir à dépoussiérer tous ces concepts de façon joyeuse.
Autres livres en vrac
Le Charme discret de l’intestin
Un livre très instructif sur un organe intime, délicat et trop peu connu. Le livre est tellement pleins d’informations intéressantes et utiles qu’il est impossible de tout retenir. Le peu que j’en ai retenu ce sont ces quelques recommandations : ne pas manger entre les repas et les espacer de cinq heures; il faut manger des fibres; il faut se balancer lorsqu’on va aux toilettes.
**
Un polar japonais qui traînait chez moi et que j’ai lu. Le personnage principal est bien amené: un professeur gentil et attentionné qui termine le premier chapitre en tuant de sang froid un corbeau. Ensuite la liste de ses méfaits ne fait ensuite que s’agrandir. On a un cliché classique de l’homme qui n’éprouve aucune empathie, mais qui a appris à la simuler, tout en étant un parfait psychopathe.
Films
Greta Gerwig
J’ai aussi découvert cette autrice de cinéma (metteuse en scène, scénariste) un peu par hasard. J’ai vu deux films d’elle: Frances Ha et Lady Bird. Le premier suit les débuts dans la vie de Frances, jouée par Greta Gerwig elle même, aspirante danseuse. Le second raconte la dernière année au lycée de Lady Bird, une lycéenne.
Frances va apprendre à vivre éloignée de sa meilleure amie, une première fois quand leur collocation prend fin, et deuxième quand la meilleure amie va se marier. Voir les autres avancer, tandis qu’elle même n’arrive pas à se réaliser est un autre apprentissage douloureux.
Lady Bird doit composer avec une mère qui a parfois des réactions odieuses et des petits amis qui ne sont pas ce qui semblent être.
Les deux héroïnes, chacune à sa manière, sont émouvantes, et chaque film arrive à nous transmettre leurs émotions.
Starlet et Tangerine
Après avoir vu Anora l’année dernière, j’avais envie de voir d’autres œuvres de Sean Baker: Tangerine et Starlet. Les deux films semblent à première vue différents, mais tous les deux finissent par une très belle image d’amitié. L’autre point commun entre ces deux films est l’importance de la ville de Los Angeles comme arrière plan vivant et lumineux. Quant aux héroïnes respectives, le métier de Sin-Dee dans Tangerine est claire dès le départ: c’est une prostituée. En revanche, Tess est filmée de comme si elle était un ange pur, mais sa profession réelle est montrée très crûment dans une scène explicite très explicite.
Looper
Looper est un film de science fiction de Rian Johnson. Dans un futur proche, la mafia a le monopole, illégal du voyage dans le temps, pour accomplir ses basses œuvres. L’histoire est bien ficelée –à condition d’accepter les prémisses un peu tirés par les cheveux–, il y a des l’action, de l’émotion, des clins d’oeils (Bruce Willis tout seul avec des flingues contre pleins de méchants, Bruce Willis qui retourne dans le passé pour changer le futur) et des références assez sympa pour passer un bon moment.
Dirty Dancing
Je n’avais jamais vu ce film, bien qu’il ait marqué ma génération à sa sortie. Un mesage rediffusé Mona Chollet, et certains hasards ont fait que j’ai fini par voir ce classique. J’ai bien aimé, mais je ne suis pas sûr que tous les jeunes ado qui sont allés le voir à sa sortie aient perçu tous les enjeux de l’histoire, ceux expliqués dans la petite vidéo mis en avant par Mona.
The Holdovers
Pas encore un classique. Film classé comme comédie dramatique dans Wikipedia. De fait les éléments les plus drôles sont dans la bande annonce. Bonne surprise : celle-ci ne dévoile rien de l’intrigue principale, mais en montre uniquement les prémisses.
Un élément m’a marqué : les deux personnages principaux ont tous les deux des troubles psychiques, au point de devoir prendre des antidépresseurs. Le père d’un étudiant est lui aussi interné dans un hôpital psychiatrique. La présence des problèmes de santé mentale dans un film grand public dont ce n’est pas le sujet principal est un signe de l’époque actuelle.
Séries
Beef – saison 2
Nouvelle saison, nouvelle histoire, nouveaux personnages, même principe: on s’énerve et la tension monte petit à petit, épisode par épisode. Dans cette saison les personnages citent le capitalisme tardif pour justifier leurs actes et le spectateur découvre une nouvelle lutte des classes, lutte qui finira dans un combat mémorable dans une clinique de chirurgie esthétique coréenne. Le spectateur, à l’abri devant son écran, s’amuse du malheur des autres.
Poker Face – saison 2
Poker Face est une série de Rian Johnson avec Natasha Lyonne comme actrice principale, qui porte à elle toute seule la série. Charlie Cale, son personnage sur la route à travers les États-Unis, est doté du super pouvoir de détecter infailliblement les mensonges qu’elle entend. Dans chaque épisode (ou presque, il y a aussi des épisodes de transition), grâce à ce super pouvoir, elle résout un nouveau cas de crime, un meurtre la plupart du temps, dont le spectateur connaît déjà le coupable.
La fin de la saison rompt avec plusieurs principes. L’un d’eux est que Charlie s’installe à New-York. Je ne dévoilerai pas l’autre rupture. La série essaie donc de se transformer pour mieux continuer. Pour moi cette transformation était inutile, la série était déjà assez plaisante ainsi.
Musique
Arte a mis en ligne un concert de la dernière tournée de Divine Comedy, l’un de mes groupes préférés. J’ai eu la chance d’assister à l’une de leur représentation à Paris début mars. C’est un plaisir de pouvoir maintenant revoir à volonté la performance de Neil Hannon (son cocktail time, sa ballade dans le public, …), et son groupe sur scène. Le concert filmé est la représentation donnée à Bruxelle.
