Vécu Mois d’Avril 2026

Inspiré par la nouvelle génération et ce que j’ai pu moi même déjà publier ici et là sur ce blog, je vais essayer de reprendre la routine de résumer chaque mois ce que j’ai lu, vu, et écouté.

La Vitra Slide Tower

Lectures

La langue des choses cachées

Le prologue m’a totalement happé. Le reste de l’histoire, bien que plaisant à lire, avec le même style très marqué, n’arrive pas à la hauteur des premières pages.

Fight Club 2

Ça faisait longtemps que je voulais lire la suite du livre culte, que je ne trouvais plus en livre neuf. J’ai réussi à l’avoir d’occasion. L’histoire est sympae, mais un peu foutraque, et un peu trop méta: Chuck Palahniuk se met lui même en scène en train d’écrire le livre, et fini par rencontrer son personnage.

Le créateur de Poupée

Deuxième livre de Nina Allan que je lis, après les Bons Voisins. Le livre commence par une successions de fragments (coupure de presses, extrait de revue scientifiques, ), puis finit par se limiter par une correspondance entre deux personnages, et des nouvelles écrites par une autrice fictive. Par petites touches, c’est tout un univers étrange, peuplé de poupées, de nains, et d’êtres hors normes. Mais au final on se sent manipulée et un peu berné.

L’ordre du jour

L’ordre du jour, c’est un zoom sur quelques journée des années 1930, décrivant quelques évènements qui semblent plus ou moins anodins à première vue, la rencontre entre un chef de parti qui a besoin de financement pour les prochaines élections et des patrons, un déjeuner à Londres entre un ambassadeur et un premier ministre, une rencontre secrète entre deux dirigeants.

Évidemment, tout cela n’a rien d’anodin, quand il s’agit du Chef du Parti Nazi qui promet aux patrons qu’en cas de victoire de son parti, ils n’auront pas à s’inquiéter des syndicats et qu’en plus, avec un peu de chance, si leur parti l’emporte, il n’y aura plus besoin d’élections pendant peut-être cent ans; quand le but de l’Ambassadeur est d’empêcher le Premier Ministre de retarder la réaction de l’Angleterre à l’annexion de l’Autriche, et quand l’un des deux chefs d’État menace l’autre.

Et évidemment tout cela est extrêmement moderne et rappelle beaucoup d’évènements actuels puisque, comme chacun le sait, à défaut de se répéter à l’identique l’Histoire bégaie néanmoins très souvent.

Réparer les vivants

Un livre bouleversant, qui parle de mort, de vie, de la frontière tenue entre les deux. Ça parle du don ultime, celui auquel il est impossible de dire merci. Maylis de Kerangal décrit des personnes ordinaires qui font une chose extraordinaire: transformer un corps mort en morceaux de vie et d’espoir.

Les raisins de la colères

Encore un livre très moderne qui nous raconte une histoire du temps passé: celle d’une famille poussée sur la route vers un eldorado promis mais incertain (comme toutes les promesses).

De nombreux thèmes me semblent faire écho à notre époque. Par exemple l’idée que le monde change, se modernise, et qu’il n’y a rien à faire. Dans le livre cela signifie partir en abandonnant tout. Le racisme anti-pauvre subis par la famille que l’on suit et leurs semblables sur la route, se retrouve aujourd’hui, surtout dans les lois votées en France, et dans les décisions de Justice. La peur des propriétaires de fermes et des autres bénéficiaires du statu-quo que les plus faibles se rassemblent est aussi très moderne.

Enfin au début du livre, lorsqu’ils sont prévenus qu’ils vont tout perdre, leurs maisons, leurs champs, leurs vies, certains fermiers métayers demandent qui est responsable: ils veulent, sans s’en cacher, aller fusils à la main chercher le responsable. On leur répond que c’est une banque, que les banques ne sont pas des personnes mais des monstres, qu’elles ont bien un directeur, mais que le directeur n’est pas responsable, etc. Bref, ça m’a fait pensé à un certain Luigi qui ne s’est pas laissé berné par de telle mascarades.

Incroyable (non): derrière ce roman, il y a encore une femme invisibilisée, Sanora Babb, dont les notes, basées sur son travail dans une ferme gouvernementale et qu’elle voulait utiliser pour écrire un livre, ont servi de base à Steinbeck pour écrire son propre roman. La publication et le succès du roman de Steinbeck provoqueront l’annulation de la publication du livre de Sanora Back, qui finira tout de même par être publié en 2004, un an avant sa mort.

Films

Park Chan-wook

Depuis mon dernier passage à Paris, je découvre le réalisateur coréen Park Chan-wook, dont je n’avais vu jusqu’alors que le film Old Boy, un film marquant certes, mais qui a été pour moi l’arbre me cachant la forêt. Après Mademoiselle, Lady Vengeance (deux chef d’oeuvres pour moi), et No Other Choice le mois dernier, ce mois-ci j’ai vu Decision to Leave et Joint Security Area.

Le premier, sorti en 2022, mets en scène la relation d’un policier, enquêteur scrupuleux, qui va se rapprocher d’une jeune veuve soupçonnée d’avoir tué son mari, et naturellement finit par tomber amoureux d’elle. Pour une fois c‘est un film plein de douceur, avec toujours des plans incroyables (par exemple, plusieurs fois la caméra prend la place de l’oeil d’une personne morte) qui font la marque de ce cinéaste.

Joint Security Area est un film plus ancien. On suit encore une fois une investigation, cette fois ci menée par une enquêtrice de l’armée suisse, qui cherche à comprendre un incident survenu à la frontière des deux Corées. L’histoire, racontée sous la forme de flash-backs, est une histoire d’amitié surprenante, à l’humanité touchante. J’ai rarement vu dans un film des soldats s’amuser comme des vrais gamins.

Bref Park Chan-wook est en train de rejoindre le modeste panthéon de mes cinéastes préférés, quelques part auprès de De Palma et de Kubrick.

Amélie et la Métaphysique des tubes

Ce que j’aime bien dans le cinéma, c’est lorsque le fond (l’histoire, les émotions, etc.) s’accordent avec la forme (les images, la musique, etc.). L’animation se prête bien à genre d’harmonie, et Amélie et la Métaphysique des tubes en est une très belle illustration en nous faisant entrer dans la tête d’une petite fille de trois ans, à la vie intérieure foisonnante, qui fera d‘elle une écrivaine originale et célèbre.

Autres films en vrac

Séries

Après une suite de série du genre cozy mystery entâmée l’année dernière par les cinq saison d’Only murders in the building, puis poursuivi avec The Afterparty, A man on the inside, et The residence, j’ai visionné ce mois d’avril deux vrais séries d’enquêtes policières classique (ou presque pour la deuxième): His & Hers et Paradise.

Il faut vraiment attendre les dix dernières minutes de His & Hers pour voir disparaître les dernières réserves sur la résolution des crimes. Quand à Paradise, la première saison un classique whodunit dans un environnement qui ne l’est pas. Je n’ai pas encore vu la deuxième.

Musée

Ça va bientôt faire quinze ans que j’habite Freiburg, mais c’est ce mois-ci seulement que je suis allé visiter le Musée de Design de Vitra. Plus qu’un musée Vitra se défini comme un campus. De fait l’endroit est constitué de plusieurs parties indépendantes, dont un jardin en plein air, et deux bâtiments contenant des expositions: le Musée du Design proprement dit, que je n’ai visité pas et le Vitra Schaudepot, que j’ai visité pour voir l’exposition Science Fiction Design: From Space Age to Metaverse.

Le principal effet de cette exposition sur moi a été l’envie voir la série Star-Trek. Sinon l’exposition donne juste envie d’avoir un appartement plus grand et plus d’argent pour s’acheter des meubles design.