Les conflits ethnico-religieux sont une forme de lutte induite par le
capitalisme mondial: à notre époque postpolitique, lorsque la politique est
progressivement remplacée par l'administration sociale et le gouvernement des
experts, la seule source légitime des conflits est la tension culturelle
(ethnique, religieuse). Le regain actuel de la violence irrationnelle est dans
le droit fil de la dépolitisation de nos sociétés, de la disparition de la
dimension proprement politique, de sa transposition dans les différents niveaux
de l'administration des affaires sociales : le phénomène de la violence
est traité en termes d'intérêts sociaux, etc. Le reste, intraitable, ne peut
nécessairement nous apparaître que comme irrationnelle... Le renversement
adéquat, dialectique et hégélien, est ici crucial: ce qui nous apparaît en
premier lieu comme une multitude de survivances du passé devant être
progressivement dépassées grâce au développement de l'ordre libéral,
multiculturel et libéral, est tout à coup perçu, en un éclair, comme le mode
même d'existence de cet ordre libéral.
Slavoj
Žižek, Bienvenue dans le désert du réel
(attention, ce qui suit dévoile la fin du roman)
L'histoire, racontée à la première personne par son personnage principal,
est celle de Charlie Gordon, un handicapé mental qui se fait opéré pour devenir
intelligent. "Un teligent" comme il l'écrit dans les premières pages du livre,
alors qu'il n'a pas encore pu apprendre l'orthographe. Ce qui rend la lecture
de ces premières pages un peu pénible. L'opération sera un grand succès, mais
les effets auront une durée limitée.
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On pourrait se risquer à déclarer que le mode libéral prédominant de la
subjectivité aujourd'hui se dit homo sucker: dans sa tentative
perpétuelle d'exploiter et d'instrumentaliser autrui, homo sucker
finit par devenir lui même l'ultime zozo. Lorsque nous pensons nous amuser de
l'idéologie actuelle, nous ne faisons que renforcer l'emprise qu'elle a sur
nous.
Slavoj
Žižek, Bienvenue dans le désert du réel


La première photo a été prise depuis le haut de la cascade de la Colline du
Château. Par la lumière, le bleu de la mer et les branches d'arbres
j'ai essayé de créer l'illusion d'être sur une île lointaine, au milieu d'une
végétation touffue. Malheureusement il y a bien trop de bateaux pour que
l'illusion prenne - je n'avais vu que celui à voile au moment de prendre la
photo. Quant à la couleur de la mer, ce bleu clair n'est pas très courant à
Nice: c'est le vent qui, en remuant le fond de l'eau, lui a donné cette
teinte.
La deuxième photo a été prise depuis la plage de la Réserve, à contre jour,
en fin d'après-midi, alors que le soleil avait déjà décliné. J'aime bien
l'aspect un peu chaotique et fin du monde de la photo: l'écume, les rampes
rouillées et les rochers qui plongent dans la mer, le reflet du soleil
crépusculaire, le phare dans l'ombre. La photo n'est pas très bien prise: il y
a une barrière qui dépasse en premier plan en bas à gauche et elle est un peu
de travers (le phare n'est pas vertical), mais tout cela ajoute un peu de
désordre à l'ensemble.
En résumé le dernier épisode la saison 1 de Twin Peaks c'est:
- Un innocent piégé, envoyé en prison pour un crime qu'il n'a pas
commis;
- Une adolescente, coincée dans une maison close, sur le point d'être
«essayée» par son père;
- Une suicidée;
- Deux femmes coincés dans un hangar en feu, et le mari de l'une d'elle qui
s'engouffre à l'intérieur pour les secourir;
- Le principal témoin du crime tué par le père de la victime;
- Un méchant, le principal suspect, qui reçoit une balle dans le ventre;
- Un héros principal lui en reçoit plusieurs!
N'en jetez plus! C'est le final le plus complet que j'ai vu, où toutes les
intrigues secondaires, et il y en a beaucoup, finissent sur un cliffhanger. Tout cela dans un épisode classique de 48 minutes, avec
le même rythme un peu flegmatique, loin de l'urgence que l'on peut trouver dans
des séries récentes comme Lost ou Prison Break. C'est la magie de Twin
Peaks.
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Quelques mots sur mon séjour à Nice, le mois
dernier. Cela faisait plus d'un an, depuis décembre 2006, que je n'y avais pas
effectué de long séjour, plus long qu'un week-end. J'ai donc essayé de profiter
de mes dix jours sur place pour me promener dans cette ville que j'aime bien
parcourir à pied.
Le tramway
La principale nouveauté est le tramway. Son
passage a travers la ville a modifié l'aspect de bien de rues, d'avenues et de
places. Je ne suis pas monté dedans aussi je n'ai aperçu qu'une partie de son
parcours. Le côté agréable de ces transformations, pour un marcheur comme moi
qui évite de prendre la voiture, est la place accordée aux piétons: les
trottoirs sont plus larges.
Ce qui est dommage en revanche est l'absence de toute verdure dans ces
nouvelles zones piétonnes. L'exemple le plus frappant est la place Garibaldi. Auparavant cette place était constituée d'un
rond point d'un diamètre de trente mètre environ contenant une pelouse au
centre de laquelle trônait une statue de Garibaldi, entourée de deux ou trois
arbres. La pelouse a été réduite à son minimum pour pouvoir continuer à
accueillir la statue. Idem pour les quelques arbres qui ont pu garder un peu
d'herbe à leurs pieds, mais en étant séparer les uns des autres.
Le reste de la place est devenu un damier de dalles grises. Le rond point
est devenu une intersection entre une route à une voie et le tramway. Il n'y
aucune séparation entre la rue et la zone piétonne, à part peut-être une vague
nuance dans le grisâtre, et quelques minuscules plot métalliques. Plus d'une
fois j'ai vu un piéton sursauter, apercevant au dernier moment un bus ou une
voiture lui couper la route ou klaxonner.
La place est encore en travaux. De nouveau arbres maigrelets ont été
plantés, dans des trous remplis de terre, là où une dalle à été enlevée. Tout
est gris.
C'est l'autre regret des modifications apportées par le tramway: la couleur
des trottoirs. Ainsi le boulevard Jean Jaurès a perdu ses anciennes dalles
jaune ocre et orange.
Autre lieux de flâneries et de gourmandise
L'autre nouveauté, bien plus minime et plus locale, est le parc de la
place Arson, bien agréable pour les enfants. Avec le Château
et le Castel des Deux Rois, c'était nos trois destinations principales pour se
promener en famille. Les arènes de Cimiez sont aussi un de
nos endroits préférés, pour marcher ou courir au milieu des oliviers ou tout
simplement pour prendre un café. Mais de là où nous logions il était nécessaire
de prendre une voiture.
Sans les enfants, lorsque le soleil tape un peu fort, j'ai toujours aimé me
réfugier dans la librairie Privat, l'ancienne librairie Sorbonne. Ses hauts
plafonds et le large choix de livres en font un lieu propice à la découverte et
la lecture.
Un soir, pour me rappeler ma jeunesse presque passée, nous sommes allés
boire une bière dans un pub du cours Saleya. Grâce à la nouvelle interdiction
de fumer dans les lieux publics, j'ai enfin pu vraiment apprécier le goût de la
bière (à la pêche) dans un pub. En journée, pour prendre un thé ou un gâteau,
c'est au Moshi Moshi
que je préfère aller, à côté du Mamac. L'endroit est vraiment coloré, la maîtresse des lieux
charmante et bon conseillère en thé.
Néanmoins le meilleur endroit pour dépenser ses tickets restaurants reste le
glacier Fenocchio. La glace aux noix de macadamia vaut définitivement le
détour, plus que celle aux noix de pécan et au sirop d'érable. Enfin, cela
reste une question de goût, et de toute façon il faut que j'y retourne pour
goûter les autres parfums.
Je suis rentré hier de Nice, où le temps fut assez décevant pour un mois
d'Avril: température peu élevée, beaucoup de vent, pas mal de nuages et
quelques pluies. Heureusement le fameux ciel bleu de la Côte d'Azur était quand
même présent la plupart du temps. Je n'ai réussi à me baigner les quelques
jours où cela aurait été possible.
Voici deux photos du dernier jour de mon séjour, en fin de journée, prise
depuis la colline du Chateau. Les nuages étaient de retour après un après-midi
plutôt ensoleillé.


Je ne voudrais pas transformer ce blog en «un pousse à la consommation», et
en faire un Inrocks au rabais, mais il m'est aussi impossible de ne pas vous
recommander de vous précipiter sur Blankets, une bande dessinée de Craig Thompson
qui fera date dans l'histoire du huitième art.
Comme à propos je ne travaille pas aux Inrocks/Telerama/Technikart, les mots
justes que je devrais utiliser pour décrire à quel point Blankets est une
oeuvre sublime me manquent. Il s'agit d'un roman
graphique, au sens américain du terme, racontant sur un mode autobiographique
une histoire d'amour entre deux adolescents issus de milieux modestes,
partageant la même foi chrétienne.
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Choisir un Silverberg de poche en librairie, c'est un peu choisir la
solution de facilité lorsque je ne sais pas quoi acheter comme livre, ayant
oublier ma liste de livres à lire. La lecture est agréable, les univers qu'il
décrit, qu'il s'agisse de faune, de flore ou de sociétés humaines, sont
dépaysant, plaisants à découvrir, détaillés et précis.
Roman d'apprentissage, Le Long Chemin du Retour raconte le retour chez lui
d'un jeune Maître, après la révolte du Peuple contre sa caste. Joseph Keilloran
va devoir traverser un continent pour retourner chez lui. Son voyage, ses
rencontres, en particulier avec d'autres espèces, vont le transformer
profondément et changer sa manière d'appréhender le monde. Ci-après un extrait
du dernier paragraphe du livre.
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Le plus ennuyeux, en matière de politique, est que chacun des participants
croit qu'il est le seul à avoir lu son sun tzu et machiavel. Résultat, vous y
croisez cent milles connards qui nomment «tactite» leur sauvagerie, «influence»
le goût des autres pour leur argent, «efficacité» leur absence de vue à long
terme, «réalisme» leur manque de conviction, et «victoire» les bourdes du camp
d'en face. Le pire, c'est que tous ces abrutis osent donner le nom de «vie de
la cité» à ce qui n'est qu'un sport sanglant.
C'était un dernier extrait du Goût de
l'Immortalité avant de ranger ce livre dans ma bibliothèque. Ensuite
j'essaierai d'écrire plusieurs billets sur Les
Netocrates, un autre livre d'anticipation, un peu moins noir, et sous la
forme d'un essai.