De toutes les îles visitées, deux étaient prodigieuses. L’île du passé, a-t-il dit, où n’existait que le temps passé et dont les habitants s’ennuyaient et étaient raisonnablement heureux, mais où le poids de l’illusion est tel que l’île s’enfonçait chaque jour un peu plus dans le fleuve. Et l’île du futur, où le seul temps qui existait était le futur, et dont les habitants étaient rêveurs et agressifs, si agressifs, a dit Ulises, qu’ils finiraient probablement par se bouffer les uns les autres.
Roberto Bolanõ - Les Détectives Sauvages
Les romans d’Haruki Murakami sont pour moi une source de bien-être et de satisfaction. En avoir toujours un d’avance dans ma pile de livres à lire est une assurance contre les mauvais ouvrages, le mauvais temps et le mauvais sort. C’est un réconfort sur commande. La fin des temps a parfaitement rempli ce rôle de rayon de soleil pendant un mois de février bien pluvieux.
Les chapitres impairs de l’ouvrage racontent, à la façon d’un roman noir, les aventures d’un informaticien engagée pour crypter des données. Les chapitre pairs narrent quant à eux la découverte d’un village par un nouvel habitant. Ce village, sa forêt, ses collines et sa rivière, sont isolés du reste du monde par une muraille. Ils obéissent à des règles étranges. Par exemple ils accueillent des licornes pendant la journée, qui ressortent hors des murs pour la nuit. Le héros, qui n’a pas de nom, devient le liseur de rêves de cette communauté.
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Curieux hasard combiné des sorties de livres en poche, de mes achats, et de mes choix de lectures.
Après avoir fini l’année 2009 en terminant le superbe La Zone du Dehors, j’ai passé tout le mois de janvier, du 1 au 31, à ne lire qu’un seul livre: Centrale Europe. Le hasard, donc, a donné à ces deux livres un thème commun: celui du totalitarisme.
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