Voilà un livre qui donne envie de se cuisiner de spaghettis, de quitter son travail du jour au lendemain pour devenir homme au foyer, de s’isoler au fond d’un puits à sec pendant plusieurs jours en jeûnant, de faire des rêves érotiques, de s’asseoir sur un banc et de regarder les gens passer pour laisser venir à nous la solution à nos problèmes.
C’est aussi le premier livre d’Haruki Murakami que je lis sombre au point de faire peur, et d’angoisser. C’est même un roman difficile à lire dans l’obscurité, par exemple le soir dans son lit, sans ressentir le besoin de vérifier par dessus son épaule qu’il n’y a aucune présence indésirable, anormale, derrière soit.
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L’origine du gâteau d’Achille
Achille est un petit crocodile qui décide, du jour au lendemain, de ne plus manger de bananes pour manger un enfant. Ses parents lui préparent alors un énorme gâteau, pour le faire changer d’avis.

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Un angle mort. Cette femme avait sûrement raison. Il y avait dans mon esprit, dans mon corps, dans mon existence même, un monde englouti, perdu quelque part. C’était peut-être ça qui faisait que ma vie s’écartait légèrement de ce qu’elle aurait dû être.
Haruki Murakami - Chroniques de l’oiseau à ressort
Ce n’est pas de facile de prendre en photo un pygargue à tête blanche
en train d’attraper un poisson. Surtout avec un vieux appareil
compact de cinq ans. Au final cela donne les deux images suivantes.


Mon premier excès de vacances a lieu au moment de choisir les livres que je vais emmener avec moi. Trois semaines en montagnes nécessitent un stock important et varié de lectures.

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Chaque année, au début de l’été, la même question se repose, toujours
identique. Quel livre vais-je emporter avec moi pour les vacances? Ma
pile de livres à lire, achetés les mois précédents, a beau être
importante, je m’interdit d’y piocher dedans pour trouver mon
compagnon de vacances.
Il existe des règles à respecter, pour choisir un livre de vacances:
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Tout ça, c’était bien, parfois même mystérieux, parfois assez visiblement
compliqué pour sembler intéressant et même passionnant, la substance dont la
vie se nourrit en grande partie et que nous prenons comme acompte sur ce qui
nous est dû éternellement. Mais le mieux ?
Inutile de chercher. Le mieux, c’est un concept sans référence dès qu’on est
marié et qu’on en a fait un gâchis, peut-être même dès qu’on a goûté son
premier banana split à cinq ans et découvert, après l’avoir terminé,
qu’on en voudrait un autre. En d’autres termes, mieux vaut tirer un trait
dessus. Le mieux, c’est fini.
Richard
Ford - Indépendance
En d’autres termes, je m’efforce d’avoir toujours l’esprit occupé par une
tâche définie et réalisable, afin de ne pas disparaître. Mais il est vrai qu’au
moment de glisser dans le sommeil, quand partent à la dérive les soucis et les
déboires, il m’arrive de me sentir moi-même flotter et de ne plus trop savoir
où je suis ni où je vais. Pourtant, à la vieille injonction : «Fais ta
vie», je peux répondre : «J’ai déjà une existence, merci.»
Richard
Ford - Indépendance
Malheureusement, par ignorance et obstination, les Markham n’ont pas réussi
à saisir la seule vérité gnostique de l’immobilier (une vérité impossible à
révéler sans paraître malhonnête et cynique) : les gens ne trouvent ou
n’achètent jamais la maison dont ils rêvaient. L’économie de marché, ai-je
appris, ne se fonde même pas approximativement sur la satisfaction des
exigences de qui que ce soit. Le principe consiste à vous montrer ce dont vous
auriez cru ne vouloir à aucun prix, mais qui est disponible, si bien que vous
cédez et commencer à trouver des moyens de vous réconcilier avec cette solution
et avec vous-même. D’ailleurs, qu’y a-t-il de mal ? Pourquoi
n’obtiendrez-vous que ce que vous croyez chercher, ou seriez-vous limité par ce
que vous pouvez simplement escompter ? Ça ne se passe jamais ainsi dans la
vie, et si vous n’êtes pas un imbécile vous déciderez que c’est mieux comme
ça.
Richard
Ford - Indépendance
Plus d’un an après son déroulement, je viens de découvrir, via un site américain, que s’est tenu
à Paris une conférence internationale sur la Décroissance.
Je n’ai pas eu le courage de lire les actes de cette conférence (300 pages
en anglais). En revanche la déclaration finale est intéressante:
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