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<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="../assets/xml/rss.xsl" media="all"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Les Carnets de Michaël (Articles sur 2666)</title><link>https://michael.parienti.name/</link><description></description><atom:link href="https://michael.parienti.name/tags/2666.xml" rel="self" type="application/rss+xml"></atom:link><language>fr</language><copyright>Contents © 2026 &lt;a href="mailto:mon-prenom@parienti.name"&gt;Michaël Parienti&lt;/a&gt; </copyright><lastBuildDate>Sat, 16 May 2026 11:10:46 GMT</lastBuildDate><generator>Nikola (getnikola.com)</generator><docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs><item><title>2666</title><link>https://michael.parienti.name/blog/posts/2008/09/09/2666/</link><dc:creator>Michaël Parienti</dc:creator><description>&lt;p&gt;Cet &lt;a href="http://www.christianbourgois-editeur.fr/auteurs/fiche-auteur.asp?num=348#O1218" hreflang="fr"&gt;énorme pavé&lt;/a&gt;, de plus de mille pages, aurait pu être publié
sous la forme de cinq livres autonomes, ainsi que l’aurait souhaité l’auteur
avant sa mort. De fait chaque chapitre raconte sa propre histoire, indépendante
des autres. Cependant, des thèmes et des personnages communs, ainsi bien
évidemment la ville de Santa Teresa, le lieu où finit chaque histoire quand
elle n’y commence pas, tissent des liens entre les différents chapitres. Cette
ville est la transposition de la ville de Ciudad Juárez, située au nord du
Mexique, proche de la frontière étasunienne. Ciudad Juárez est tristement
&lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2003/08/GONZALEZ_RODRIGUEZ/10315" hreflang="fr"&gt;célèbre&lt;/a&gt; pour les centaines de meurtres de femmes qui ont eu
lieu depuis 1993, meurtres restés impunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’éditeur et le légataire littéraire de l’auteur, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roberto_Bolano" hreflang="fr"&gt;Roberto Bolaño&lt;/a&gt;,
ont finalement décidé de publier les cinq livres ensemble. Ce qui est plutôt
une bonne chose, sauf si vous devez transporter l’encombrant pavé résultant un
peu trop souvent. Heureusement pour moi, je l’ai lu en vacances et je n’ai pas
eu à le déplacer dans les transports en commun, contrairement aux livres du
reste de l’année.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cinq histoires de l’ouvrage n’ont pas toutes la même ampleur. La
deuxième et la troisième paraissent bien anecdotiques en regard des trois
autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier livre, “La partie des critiques”, raconte avec légèreté les
amours et la passion de quatre universitaires pour un mystérieux écrivain
allemand Benno von Archimboldi. En poursuivant cet écrivain, qui n’a pas été
aperçu depuis des dizaines d’années, trois d’entre eux se retrouvent dans la
ville de Santa Teresa. À partir de ce moment l’histoire bascule. La ville, sa
chaleur, sa pollution et ses crimes, les étouffent et les plongent dans un
sentiment d’irréalité qui atteint aussi le lecteur. Lorsqu’ils ne restent plus
que deux à continuer leur séjour, tout en ayant abandonné leur quête de
l’écrivain, le temps et l’histoire se suspendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxième livre raconte la vie d’un philosophe, entr’aperçu dans la
première histoire, venu vivre à Santa Teresa. Le troisième livre est consacré à
un journaliste venu suivre un match de box, toujours dans la même ville. Cette
intrigue s’intégrera dans la trame du roman lorsque le journaliste rencontrera
de la fille du philosophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatrième livre constitue le coeur de l’ouvrage. Il est constitué
principalement d’une énumération chronologique de toutes les femmes retrouvées
mortes, de leurs apparences et des conditions dans lesquelles chaque corps a
été signalé à la police. D’un style froid comme un rapport de police, la
succession des paragraphes courts n’est pas sans rappeler certains romans de
James Ellroy. Cette énumération morbide est entrecoupée par des digressions
autour de personnages secondaires. Alors que chaque description de femme morte
occupe généralement un seul et court paragraphe, d’une page environ, ces
histoires en marge de la trame principale sont l’occasion pour Bolaño d’écrire
de véritables petites nouvelles. Telle est l’histoire de la voyante Florita
Almada dont la narration s'étend sur 12 pages, depuis son enfance jusqu’à son
irruption dans le récit principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier chapitre raconte la vie de celui qui deviendra l’écrivain Benno
von Archimboldi. La rupture de ton avec le chapitre précédent est radicale, ce
chapitre étant le plus poétique du livre, voire le plus onirique. Né Hans
Reiter, le futur écrivain aura une vie mouvementée, combattant pendant la
seconde guerre, non pas avec courage mais avec désinvolture, puis multipliant
les petits métiers pour survivre et pour parcourir l’Europe. Là encore Bolaño
multiplie les intrigues secondaires, les récits dans le récit, les retours en
arrière. Ce foisonnement d’histoires est un véritable plaisir pour le lecteur
qui, en plus, a le sentiment d’entrer dans un monde secret en découvrant enfin
le sujet principal du premier chapitre, resté caché jusqu’alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une intrigue annexe consacrée à la soeur de Hans Reiter, Les dernières
pages du livre expliquent la présence de l’écrivain à Santa Teresa. C’est alors
que l’histoire reste suspendue dans le vide, inachevée. Les crimes restent sans
aucune explication, aucun mystère n’est résolu, et la fin de l’histoire de
Benno von Archimboldi nous restera inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n’est pas la frustration qui s'empare du lecteur à ce moment là, mais
plutôt le sentiment que, quelque part dans les pages précédentes, des indices
ont été semés, une clé a été cachée. Une clé qui permet de tout expliquer: la
laideur de Santa Teresa, les crimes abominables, le génie d’Archiboldi. Une clé
pour comprendre l’âme humaine, capable de ces crimes comme de cette oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première chose que l’on désire en terminant ce livre, c’est de le
recommencer depuis le début.&lt;/p&gt;</description><category>2666</category><category>Roberto Bolanõ</category><guid>https://michael.parienti.name/blog/posts/2008/09/09/2666/</guid><pubDate>Tue, 09 Sep 2008 14:48:00 GMT</pubDate></item><item><title>Une région qu’on aurait dit lacustre</title><link>https://michael.parienti.name/blog/posts/2008/08/29/une-region-quon-aurait-dit-lacustre/</link><dc:creator>Michaël Parienti</dc:creator><description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;En certaines occasions, assis aux terrasses ou autour d’une table cabaret
sombre, le trio s’installait sans aucune raison dans un silence obstiné. Ils
paraissaient soudain se pétrifier, oublier le temps et se tourner totalement
vers l’intérieur, comme s’ils quittaient l’abîme de la vie quotidienne, l’abîme
des gens, l’abîme de la conversation et décidaient de se pencher sur une région
qu’on aurait dit lacustre, une région d’un romantisme tardif, où les frontières
étaient chronométrées de crépuscule à crépuscule, dix, quinze, vingt minutes
qui duraient une éternité, comme les minutes des condamnés à mort, comme les
minutes des parturientes condamnés à mort qui comprennent que plus de temps
n’est pas plus d’éternité et cependant désirent de toute leurs âmes plus de
temps, et ces vagissements étaient les oiseaux qui traversaient de temps en
temps et avec quelle sérénité le double paysage lacustre, pareils à des
excroissances luxueuses ou des battements de coeur. Puis, bien sûr, ils
revenaient du silence endoloris de crampe et se remettaient à parler
d’inventions, de femmes, de philologie finnoise, de la construction de routes
dans la géographie du Reich.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roberto_Bolano" hreflang="fr"&gt;Roberto
Bolanõ&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://www.christianbourgois-editeur.fr/auteurs/fiche-auteur.asp?num=348#O1218" hreflang="fr"&gt;2666&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><category>2666</category><category>Roberto Bolanõ</category><guid>https://michael.parienti.name/blog/posts/2008/08/29/une-region-quon-aurait-dit-lacustre/</guid><pubDate>Fri, 29 Aug 2008 20:41:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le Paradis et l’Enfer selon Archimboldi</title><link>https://michael.parienti.name/blog/posts/2008/08/26/le-paradis-et-lenfer-selon-archimboldi/</link><dc:creator>Michaël Parienti</dc:creator><description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-là, pendant qu’il travaillait à l’entrée du bar, il se mit à
percevoir dans un temps à deux vitesses, le premier était très lent, et gens et
objets se déplaçaient dans ce temps de manière imperceptible, l’autre était
très rapide et tout, y compris les choses inertes, étincelait de vitesse. Le
premier temps s’appelait Paradis, le second Enfer, et la seule chose
qu’Archimboldi désirait était de ne jamais vivre dans aucun des deux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roberto_Bolano" hreflang="fr"&gt;Roberto
Bolanõ&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://www.christianbourgois-editeur.fr/auteurs/fiche-auteur.asp?num=348#O1218" hreflang="fr"&gt;2666&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><category>2666</category><category>Roberto Bolanõ</category><guid>https://michael.parienti.name/blog/posts/2008/08/26/le-paradis-et-lenfer-selon-archimboldi/</guid><pubDate>Tue, 26 Aug 2008 21:34:00 GMT</pubDate></item><item><title>Il n'avait pas l'air d'un enfant mais d'une algue</title><link>https://michael.parienti.name/blog/posts/2008/08/10/il-n-avait-pas-l-air-d-un-enfant-mais-d-une-algue/</link><dc:creator>Michaël Parienti</dc:creator><description>&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;En 1920, Hans Reiter naquit. Il n'avait pas l'air d'un enfant mais d'une
algue. [...] Il n'aimait pas la terre et encore moins les forêts. Il n'aimait
pas non plus la mer ou ce que le commun des mortels appelle la mer, et qui en
réalité est seulement la superficie de la mer, les vagues hérissées par le vent
qui peu à peu se sont transformées en une métaphore de défaite et de folie. Ce
qu'il aimait, c'était le fond de la mer, cette autre terre, pleine de plaines
qui n'étaient pas des plaines, de vallées qui n'étaient pas des vallées, et de
précipices qui n'étaient pas des précipices.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roberto_Bolano" hreflang="fr"&gt;Roberto
Bolanõ&lt;/a&gt; - &lt;a href="http://www.christianbourgois-editeur.fr/auteurs/fiche-auteur.asp?num=348#O1218" hreflang="fr"&gt;2666&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><category>2666</category><category>Roberto Bolanõ</category><guid>https://michael.parienti.name/blog/posts/2008/08/10/il-n-avait-pas-l-air-d-un-enfant-mais-d-une-algue/</guid><pubDate>Sun, 10 Aug 2008 12:54:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>