Le Carnet de Michaël

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lundi 17 mars 2008

Comment la mairie de Chaville a basculé à droite

Jusqu'à aujourd'hui, Chaville était l'une des rares ville du 92 sud à être dirigée par un maire de gauche, radical gauche précisément. Une scission dans la majorité sortante a mis un terme à cette exception.

Au premier tour des municipales, deux listes de gauche se sont donc affrontées, assez durement parfois dans les propos échangés. Ces deux listes sont arrivées après le candidat de l'Ump. Après s'être félicitée du faible score de la droite, les deux listes ont fusionné. Le total des deux listes aurait dû leur assurer une élection facile.

Curieusement cette fusion a totalement échoué. Ci-dessous les résultats.

Premier tour Deuxième tour Différence Pourcentage
Votants 8005 8223 218 2.72%
Exprimés 7819 7998 179 2.29%
Blancs 186 225 39 20.97%
Maire sortant 2304
PS 1683
Maire sortant + PS 3987 3532 -455 -11.41%
Ump 2946 3708 762 25.87%
Modem 886 758 -128 -14.45%

En résumé:

  • la fusion des deux listes de gauche a perdu 455 voix;
  • la liste de droite en a gagné 762;
  • le modem en a perdu 128;
  • la différence de voix entre les deux listes est de 176 voix;
  • il y a eu 179 voix exprimées de plus...

Ces résultats sont totalement à contre courant des résultats nationaux:

  • une ville est passée de gauche à droite;
  • la droite a augmenté de façon très considérable son score entre les deux tours (25% d'électeurs en plus!)
  • le surcroît de participation a profité à la droite.

Seul point commun avec ce qui s'est passé ailleurs en France: le rôle perturbateur du Modem.

Remarquons que le surcroît de participation (179 voix en plus) n'explique pas du tout la remontée de la droite (762 voix en plus), mais peut avoir fait la différence entre les deux listes.

lundi 10 mars 2008

La Ville Lente

Le mensuel La Décroissance dans son numéro de mars 2008 liste un ensemble d'initiatives municipales pour rendre la ville lente, ie décroissante. Voici un résumé de ce dossier. Dommage que je ne l'ai pas lu plus tôt pour soumettre ces suggestions aux candidats de ma ville. Mais heureusement il est encore temps pour le second tour.

Bien Manger

Faire de la restauration scolaire et collective un service municipale, en utilisant pour les repas des produits bio ou locaux, et en respectant les saisons. L'exemple citée est celui de la ville de Grigny (Rhône). Deux constations de cette expérience: le prix des repas n'a pas changé, et les enfants des cantines mangent plus et il y a moins de déchets.

Les transports doux

À l'instar de Besançon ou de Montpellier, éliminer la voiture des centres-villes, et plus généralement créer des zones piétonnes non commerciales. La non construction de parking est un moyen.

Petite enfance

L'exemple est celui des crèches parentales du 20e arrondissement de Paris, qui s'est répandu dans les 11e, 18e et 19e arrondissements:

  • repas bio;
  • utilisation de couches bio (jetables);
  • emploi de produits d'entretien écologiques.

Curieusement, et malheureusement, les crèches municipales n'ont pas adopté ces bonnes pratiques.

Installer des artisans

L'utilisation du droit de préemption permet d'acheter des locaux, pour y installer des artisans: boulanger, luthier. C'est un moyen d'influencer la vie commerciale d'une ville ou d'un village.

Réduire les déchets

Le mensuel préconise une collective publique. Je n'ai pas souvenir d'avoir lu des comparaisons entre les modes privé et public de la collectes des ordures, contrairement à la distribution de l'eau dont il est connu qu'une gestion publique coûte moins chère qu'une gestion privée.

Les autres conseils sont:

  • la mise à disposition de foyers et des résidences ayant un jardin de composteurs.
  • la «pesée embarquée»: les poubelles sont pesées de sorte que chaque foyer paie une taxe proportionnelles aux déchets qu'il a produit.

Small is beautiful

Ce sont les maires qui décident de transformer les terres arables ou les forêts en zone à bâtir, via les permis de construire et le PLU (plan d'aménagement des sols). À eux donc de limiter l'extension des villes.

L'eau un bien commun

Ce paragraphe rappelle seulement que 60 % des communes ont choisi de privatiser la gestion de l'eau. Or le prix de l'eau dans les communes dont l'exploitation est une régie communale est 25 % moins chère!

Le prix de l'eau payé par les usagers lorsqu'elle est fournie par une régie privée inclut parfois le coût d'attribution du marché. Pour toute ces raisons plusieurs communes ont choisi de reprendre en charge la gestion de l'eau.

La santé en ville... et à la campagne

La création de dispensaire de santé regroupant un conseil médical pluridisciplinaire permet d'éviter le transport systématique vers les grands hôpitaux, de plus en plus concentré dans les grandes villes. Ces maisons de santé jouent un rôle de proximité dans le domaine de la santé. Même dans les grandes villes elles seraient utiles pour soulager les services d'urgence.

Retiens la nuit

Le dernier article du dossier est consacré au noir de la nuit qui disparaît, à cause de l'éclairage public mal conçu. Non seulement cela empêche de les astronomes de compléter les étoiles, mais c'est aussi un gâchis d'énergie. Le rôle du maire est de choisir un éclairage discret, se contentant d'illuminer le sol.

ps: Les titres des différentes parties sont ceux du magazine.