Le Carnet de Michaël

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Tag - décroissance

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dimanche 14 juin 2009

Une définition de la Décroissance

Plus d’un an après son déroulement, je viens de découvrir, via un site américain, que s’est tenu à Paris une conférence internationale sur la Décroissance.

Je n’ai pas eu le courage de lire les actes de cette conférence (300 pages en anglais). En revanche la déclaration finale est intéressante:

Nous appelons à changer d’horizon et à passer de la poursuite générale et illimitée de la croissance économique au concept d’ajustement des économies nationales et mondiale.

1. Au niveau mondial, l’ajustement signifie une réduction de l’empreinte écologique totale (l’empreinte carbone incluse) jusqu’à un niveau soutenable.

2. Dans les pays où l’empreinte écologique par personne est supérieure au niveau mondial soutenable, l’ajustement signifie une réduction vers le niveau soutenable en un temps raisonnable.

3. Dans les pays où existe une grande pauvreté, l’ajustement implique une augmentation aussi rapide que possible de la consommation pour les plus pauvres, de manière soutenable, jusqu’à l’obtention d’un niveau de vie décent, selon des approches de réduction de la pauvreté déterminées localement plutôt que par des politiques imposées de l’extérieur.

4. Dans certains cas cela nécessitera une augmentation de l’activité économique, mais la redistribution de revenus et de richesse de manière intra- et inter-nationale formera l’essentiel du processus.

Suivi de la définition de la décroissance:

Le processus par lequel on peut obtenir l’ajustement dans les pays les plus riches et globalement dans l’économie mondiale s’appelle la «décroissance».

Voilà qui répond aux critiques trop rapides de la «Décroissance» pour qui ce mouvement va l’encontre du développement des pays les plus pauvres. Au contraire, «La Décroissance» ainsi définie a pour objectif l’amélioration des conditions de vie dans ces pays.

Il reste selon moi deux obstacles à ce que l’idée de «Décroissance» se propage et s’impose comme une nécessité, à l’instar de l’écologie :

  1. l’égoïsme, l’absence de vision de la plupart des hommes politiques des pays riches, et de quelques uns de leurs électeurs, certainement pas prêts à abandonner leurs voitures et leurs écrans plats;
  2. ce terme de «décroissance», qui continue en lui même à se définir négativement.

mercredi 11 mars 2009

Into the wild

Qu’est-ce qui pousse un jeune homme, à l’avenir prometteur, à prendre la route, à couper les liens avec sa famille, à choisir une vie simple et frugale, abandonnant sa voiture, et tout son argent, plusieurs fois, à vouloir vivre au plus près de la nature au point de s’isoler quatre mois en Alaska, et d’y trouver la mort? Telles sont quelques unes des questions auxquelles tente de répondre le livre de Krakauer.

Bien que datant de 1992, ce drame est à la fois étonnamment moderne, et universel. Les aspirations de Christopher McCandless, son rejet de la société de la consommation, qu’il juge absurde et dangereuse pour l’humanité, semblent sorties d’un manifeste de la Décroissance. Mais leurs fondements, ses inspirations, sont un peu différents et plus anciens.

Alex était un lecteur assidu de Tolstoï, Thoreau, et Jack London. Leurs écrits ont eu une influence majeure sur sa perception du monde. Le voyage d’Alex n’est finalement qu’une tentative de vivre en accord avec les principes forgés par ses lectures. Lui même a marqué beaucoup des personnes qu’il a croisé, comme Ronald Franz cet homme de 80 ans qu’il a convaincu de quitter son appartement. Son chemin a aussi croisé celui de plusieurs communautés, de vagabonds et de personnage vivant en marge. Ce livre est ainsi l’occasion de croiser une autre Amérique: celle des communautés hippis, ou ce qu’il en reste trente ans après leur début, celle de la route, des auto-stoppeurs, des hobos.

La personnalité de Christopher McCandless est marquante. Elle recèle un désir d’absolu, de pureté typiquement adolescent. Il est rare de voir ces désirs mis en oeuvre avec autant de force et de conviction. Si on accepte l’interprétation de Jon Krakauer, le jeune homme a été au bout de son expérience d’isolement dans la nature pour conclure que «le bonheur n’est vrai que s’il est partagé.» Ce changement de philosophie est une leçon de vie.

lundi 10 mars 2008

La Ville Lente

Le mensuel La Décroissance dans son numéro de mars 2008 liste un ensemble d'initiatives municipales pour rendre la ville lente, ie décroissante. Voici un résumé de ce dossier. Dommage que je ne l'ai pas lu plus tôt pour soumettre ces suggestions aux candidats de ma ville. Mais heureusement il est encore temps pour le second tour.

Bien Manger

Faire de la restauration scolaire et collective un service municipale, en utilisant pour les repas des produits bio ou locaux, et en respectant les saisons. L'exemple citée est celui de la ville de Grigny (Rhône). Deux constations de cette expérience: le prix des repas n'a pas changé, et les enfants des cantines mangent plus et il y a moins de déchets.

Les transports doux

À l'instar de Besançon ou de Montpellier, éliminer la voiture des centres-villes, et plus généralement créer des zones piétonnes non commerciales. La non construction de parking est un moyen.

Petite enfance

L'exemple est celui des crèches parentales du 20e arrondissement de Paris, qui s'est répandu dans les 11e, 18e et 19e arrondissements:

  • repas bio;
  • utilisation de couches bio (jetables);
  • emploi de produits d'entretien écologiques.

Curieusement, et malheureusement, les crèches municipales n'ont pas adopté ces bonnes pratiques.

Installer des artisans

L'utilisation du droit de préemption permet d'acheter des locaux, pour y installer des artisans: boulanger, luthier. C'est un moyen d'influencer la vie commerciale d'une ville ou d'un village.

Réduire les déchets

Le mensuel préconise une collective publique. Je n'ai pas souvenir d'avoir lu des comparaisons entre les modes privé et public de la collectes des ordures, contrairement à la distribution de l'eau dont il est connu qu'une gestion publique coûte moins chère qu'une gestion privée.

Les autres conseils sont:

  • la mise à disposition de foyers et des résidences ayant un jardin de composteurs.
  • la «pesée embarquée»: les poubelles sont pesées de sorte que chaque foyer paie une taxe proportionnelles aux déchets qu'il a produit.

Small is beautiful

Ce sont les maires qui décident de transformer les terres arables ou les forêts en zone à bâtir, via les permis de construire et le PLU (plan d'aménagement des sols). À eux donc de limiter l'extension des villes.

L'eau un bien commun

Ce paragraphe rappelle seulement que 60 % des communes ont choisi de privatiser la gestion de l'eau. Or le prix de l'eau dans les communes dont l'exploitation est une régie communale est 25 % moins chère!

Le prix de l'eau payé par les usagers lorsqu'elle est fournie par une régie privée inclut parfois le coût d'attribution du marché. Pour toute ces raisons plusieurs communes ont choisi de reprendre en charge la gestion de l'eau.

La santé en ville... et à la campagne

La création de dispensaire de santé regroupant un conseil médical pluridisciplinaire permet d'éviter le transport systématique vers les grands hôpitaux, de plus en plus concentré dans les grandes villes. Ces maisons de santé jouent un rôle de proximité dans le domaine de la santé. Même dans les grandes villes elles seraient utiles pour soulager les services d'urgence.

Retiens la nuit

Le dernier article du dossier est consacré au noir de la nuit qui disparaît, à cause de l'éclairage public mal conçu. Non seulement cela empêche de les astronomes de compléter les étoiles, mais c'est aussi un gâchis d'énergie. Le rôle du maire est de choisir un éclairage discret, se contentant d'illuminer le sol.

ps: Les titres des différentes parties sont ceux du magazine.