Le Carnet de Michaël

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vendredi 29 août 2008

Une région qu’on aurait dit lacustre

En certaines occasions, assis aux terrasses ou autour d’une table cabaret sombre, le trio s’installait sans aucune raison dans un silence obstiné. Ils paraissaient soudain se pétrifier, oublier le temps et se tourner totalement vers l’intérieur, comme s’ils quittaient l’abîme de la vie quotidienne, l’abîme des gens, l’abîme de la conversation et décidaient de se pencher sur une région qu’on aurait dit lacustre, une région d’un romantisme tardif, où les frontières étaient chronométrées de crépuscule à crépuscule, dix, quinze, vingt minutes qui duraient une éternité, comme les minutes des condamnés à mort, comme les minutes des parturientes condamnés à mort qui comprennent que plus de temps n’est pas plus d’éternité et cependant désirent de toute leurs âmes plus de temps, et ces vagissements étaient les oiseaux qui traversaient de temps en temps et avec quelle sérénité le double paysage lacustre, pareils à des excroissances luxueuses ou des battements de coeur. Puis, bien sûr, ils revenaient du silence endoloris de crampe et se remettaient à parler d’inventions, de femmes, de philologie finnoise, de la construction de routes dans la géographie du Reich.

Roberto Bolanõ - 2666

mardi 26 août 2008

Le Paradis et l’Enfer selon Archimboldi

Ce soir-là, pendant qu’il travaillait à l’entrée du bar, il se mit à percevoir dans un temps à deux vitesses, le premier était très lent, et gens et objets se déplaçaient dans ce temps de manière imperceptible, l’autre était très rapide et tout, y compris les choses inertes, étincelait de vitesse. Le premier temps s’appelait Paradis, le second Enfer, et la seule chose qu’Archimboldi désirait était de ne jamais vivre dans aucun des deux.

Roberto Bolanõ - 2666

samedi 16 août 2008

Trois Fermiers s’en vont au Bal

Trois Fermiers s’en vont au Bal. Trois narrations, tour à tour, au travers vingt-sept chapitres, soit neuf chapitres pour chaque arc narratif.

Trois histoires à suivre en parallèle. La première, racontée à la première personne, nous décrit la naissance d’une obsession pour la photo d’Auguste Sanders, et les recherches qui s’en suivent. Tout en suivant sa quête, le narrateur livre pelle mêle diverses réflexions sur la première guerre mondiale, la technique, la photographie, et des figures de l’époque comme Sarah Bernhardt et Henry Ford.

La seconde histoire est celle de ces trois fermiers, de gauche à droite sur la photo: Hubert, Peter et Adolphe. Trois fermiers, trois destins liés à la guerre. Des histoires tragi-comiques, burlesques.

La dernière histoire est celle d’une autre obsession, celle de Peter Mays pour une rousse aperçue dans la foule d’un défilé. Ses recherches vont l’amener lui aussi vers Sarah Bernhardt, Henry Ford et la photo, naturellement.

Ces trois histoires sont ainsi liées entre elles, la photo qui donne son titre au livre constituant le noeud central, leur intersection. Malgré leurs quasi similitude les trois versions des destinées des trois personnages varient sur quelques détails, et ces légères incohérences [1] sont autant d’indices laissés par l’auteur que nous lisons non pas une fiction, mais au moins trois fictions, trois inventions, qui sont autant d’hommages à la photographie de Sanders.

Elle ne connaissait pas les jeunes gens photographiés, mais avait inventé, par nécessité, toute une histoire qui les reliait à elle via cette image docile. Après des années passées à essayer de monopoliser le cliché, elle avait dû finir par laisser la question de l’authenticité, non pas au photographe, ni même à la machine qui reproduit sans discrimination, mais à chaque spectateur qui fausse l’image dans la chambre noire de son imagination.

Ce roman est étonnant, stimulant et passionnant. Il s’agit du premier roman de Richard Powers, publié aux États-Unis en 1985, après plus de deux ans d’écriture, et traduit en France seulement en 2004! Depuis nous avons droits à une traduction tous les deux ans, ce qui est un peu plus rapide que l’intervalle de publication de chaque roman aux États-Unis. C’est peut-être frustrant mais au moins cela nous laisse le temps d’apprécier chaque oeuvre.

J’attends néanmoins avec impatience, et peut-être en vain, la traduction de Galatea 2.2, dans lequel Richard Powers décrit dans quel état il a écrit ce premier roman. Une mise en perspective supplémentaire et sûrement intéressante.

Notes

[1] Par exemple Peter Mays, supposé être le descendant de Peter, l’homme au centre de la photographie, possède les troubles caractéristiques des descendants d’Adolphe, le personnage de droite: «le besoin irrépressible de suivre les rousses perçues dans la foule»

dimanche 10 août 2008

Il n'avait pas l'air d'un enfant mais d'une algue

En 1920, Hans Reiter naquit. Il n'avait pas l'air d'un enfant mais d'une algue. [...] Il n'aimait pas la terre et encore moins les forêts. Il n'aimait pas non plus la mer ou ce que le commun des mortels appelle la mer, et qui en réalité est seulement la superficie de la mer, les vagues hérissées par le vent qui peu à peu se sont transformées en une métaphore de défaite et de folie. Ce qu'il aimait, c'était le fond de la mer, cette autre terre, pleine de plaines qui n'étaient pas des plaines, de vallées qui n'étaient pas des vallées, et de précipices qui n'étaient pas des précipices.

Roberto Bolanõ - 2666

jeudi 31 juillet 2008

Les joies de la montagne

Après six heures de marches dans la montagnes, la joie de se retrouver dans un petit village à 2000 m d'altitude, à moitié abandonné.

Fin de randonnée

À vue de nez le parking à triplé de capacité en deux ans. Trois grues étaient en activité dans le village lorsque nous l'avons traversé.

lundi 28 juillet 2008

Invités surprises

Un invité surprise

Un autre invité surprise, sur un chapeau

dimanche 27 juillet 2008

Tous ceux qu'elle connaissait vivaient de façon semblable

Pour elle, et peut-être pour de nombreuses autres personnes de sa génération, il semblait que l'avenir serait pire que le présent, que la "stabilité" était une chimère, et par conséquent que la bonne façon de vivre consistait à travailler correctement et discrètement, pour un salaire décent, sans pour autant renoncer aux fonds de retraite, en dépensant autant que faire se peut cette rénumération dans des sorties au cinéma, des restaurants, des vêtements "fun", de beaux meubles, une belle vue, et d'autres gâteries de ce genre. (Je ne veux pas être inspirée par le douleur, dit-elle à son amie Heidi. Je veux être inspirée par l'amour.) Si l'assiduité au travail de John signifiait peu pour elle, il en allait de même pour les quêtes intellectuelles ou spirituelles en tout genre. Ces dernières ne lui paraissaient pas accessibles, seulement sans intérêt. Les biens et les loisirs décoraient sa vie, et elle vivait en attendant la mort, ni heureuse, ni triste. Les sociétés de carte de crédit, les courtiers en prêts hypothécaires, les démarcheurs téléphoniques et les agences de voyage la sollicitaient continuellement. Elle ne les appréciait guère, mais ils satisfaisaient partiellement son désir inquiet d'être reconnue. De temps en temps, elle se servait de sa carte de crédit pou acheter des choses qu'elle ne pouvait pas vraiment se payer, et pendant le premier ou même le deuxième paiement la satisfaction qu'elle expérimentait était quasi sexuelle. Tous ceux qu'elle connaissait vivaient de façon semblable.

William T. Vollmann - La Famille Royale

vendredi 25 juillet 2008

Photos de vacances, moches

Il est difficile sur un écran de eeepc, avec sa faible résolution, de sélectionner les plus belles photos de vacances parmi plus de deux cents. En revanche les photos les plus moches sont plus faciles à choisir.

En attendant de me retrouver devant un écran plus approprié pour les belles photos, voici quelques exemples de mochetés que l'on peut croiser pendant une randonnée dans les Alpes, en été.

Un champs de visses: Champs de visses en plein montagne

Une visse: Une visse, cueillie dans la montagne

Un animal mort: Un squelette en métal, d'un animal mort

jeudi 17 juillet 2008

Le problème de la survie

Après avoir jeté un regard vers le dernier balcon, Mays conclut que la plupart des gens se rendaient au théâtre parce que cette activité satisfait à toutes les exigences de ce qu'en de lointaines époques on appelait des «hobbies»: elle était coûteuse, ne produisait rien d'utile, et permettait de tuer le temps. Le problème de la survie ne tenait plus à la dureté de l'existence, à sa brutalité et à sa brièveté. Aujourd'hui, la difficulté venait de ce que la vie était confortable, sinistre et longue.

Richard Powers , Trois fermiers s'en vont au bal

samedi 5 juillet 2008

D'un mois à l'autre

Curieux mois de juin sur ce carnet. Quatre articles écrits seulement, mais un nombre de visiteurs qui augmente sensiblement, passant de zéro ou un par jour à deux ou trois. Presque une explosion. Grâce à une écrivain imaginaire, ou peut-être pas, et au travail de Google, the bad boy.

Un seul livre de commenté, mais j'en ai lus plus que cela. Un dont il existe déjà une opinion à laquelle j'ai peu à rajouter. Et un autre que je ne commenterai pas tout de suite, si ce n'est pour signaler que depuis que j'ai entamé sa lecture je fais des listes partout, et que j'arrive enfin à revoir ou rappeler des amis que je risquais de perdre de vue. Enfin un dernier livre, très oubliable, et au sujet duquel je pourrais facilement dire un peu de mal. C'est rare, à cause du soin, maniaque, que je prends à choisir mes lectures, mais tous les livres qui arrivent chez moi ne passent pas par ce processus de sélection.

Quant au mois de juillet qui commence, et qui est déjà bien entamé, il s'annonce sous le signe des vacances. Tout est prêt, ou presque. Les livres à emporter ont soigneusement été choisis, excepté le livre de mathématiques pour lequel j'hésite encore. L'eeepc est préparé, lui aussi, pour recueillir les futurs articles du carnet.

Le rythme de ce blog risque donc d'être un peu ralenti, pendant un mois. Mais ce sera pour mieux reprendre dans les semaines d'après.

Le rythme de mes lectures, lui, a bien redémarré. Ce goût d'indifférence laissé par le précédent roman a été effacé par un Haruki Murikami. Une valeur sûre, dont il ne faut pas hésiter à acheter, ou voler, les oeuvres au hasard, surtout lorsqu'elles sortent en poche. La bonne humeur a été apportée par un roman Tom Sharpe. Un classique.

lundi 30 juin 2008

Le Vif

— La troisième dimension de la vitesse est la plus imperceptible. On la trouve rarement incarnée. Tu es à mes yeux, Caracole, l'un des seuls êtres vivants que j'ai rencontrés qui la donne à voir — par instants, sur quelques éclats, quelques flèches. J'appelle cette vitesse le vif. Elle est adossée, secrètement, à la mort active en chacun, elle la conjure et la distance. Le vif n'est pas relatif à un espace ou une durée. Il n'opère pas un pli ou une déchirure dans un tissu préexistant comme l'opère le mouvement. Il est le surgissement absolu. Il amène, dans un vent, dans une vie, dans une pensée, le plus petit écart. Un minuscule apport, à peine un grain, et tout explose... Il faut comprendre que le n'est rupture qu'en apparence, rupture pour une perception humaine, forcément limitée. En toute rigueur il demeure une transformation continue.

— Le vif c'est autre chose?

— Le vif c'est ce qui t'a fait, c'est l'étoffe dont sont tissées tes chaires, Caracole. C'est la différence pure. L'irruption. La frasque. Quand le vif jaillit, quelque chose, enfin, se passe—

Alain Damasio, La Horde du Contrevent,

mercredi 18 juin 2008

De la santé

Quelques liens sur la santé, des enfants en particuliers, mais pas seulement:

  • Une nouvelle preuve des effets des champs électromagnétiques de la téléphonie mobile sur le sommeil: Une expérience menée sur 21 sujets adolescents, comprenant un groupe témoin. Le nombre de sujets me paraît bien faible.
  • Sur le même sujet, le médiatique Servan-Schreiber, accompagné d'autres scientifiques, est à l'origine d'une alerte concernant les téléphones portables, et de dix précautions à prendre quant à leur usage. Ils préconisent l'interdiction des portables aux enfants de moins de douze ans.
  • Suspension temporaire du vaccins DTPolio ®. Le petit ® est important parce que cette suspension ne concerne que le vaccin de "Sanofi Pasteur MSD".
  • Pendant que l'Afssaps s'occupe des vaccins, l'Affsa quant à elle n'a pas le temps de faire retirer du commerce les plats préparés à l'huile de vidange, ni les biberons au bisphénol-A, dont les fameux biberons Avent, bientôt interdits au Canada.

lundi 9 juin 2008

Le roman que je ne lirai jamais

Six lances, Dix cibles

Couverture du livre de Ludivine Cissé: Six lances, dix cibles

Un titre superbe, une critique, un peu confuse, mais surtout élogieuse dans un magazine apprécié, accompagnés par deux photos de l'écrivain troublante, un blog mystérieux, les premières lignes du roman sur un site depuis novembre dernier, une couverture qui ressemble à un faux, aucune information chez mon libraire ou sur internet sur la date de sortie...

Et puis hier soir la révélation: ce livre n'existe pas. C'est le magazine Chronicart qui s'est amusé à créer un numéro rempli de faux: des critiques et des interviews, de livres, d'auteurs, de disques, films, de bande dessinées, de tout! qui n'existent pas.

Et moi qui ait voulu y croire, alors même que j'avais la vérité sous les yeux, dans la liste des sorties des Éditions de Minuit jusqu'à la rentrée littéraire...

Le plus drôle, c'est qu'au même moment où je harcelais presque quotidiennement mon libraire pour qu'il me trouve des traces de ce livre imaginaire, j'étais en train de lire les dernières pages du livre Les Falsificateurs.

Troublant.

lundi 2 juin 2008

Bienvenue dans le désert du réel

Il y a bien longtemps que je n'avais plus lu de philosophie. Bienvenue dans le désert du réel de Žižek est un livre de philosophie agréable et facile. Les idées exprimées sont claires, mais pas forcément toujours très neuves: ce livre est sorti en 2002 et, portant sur les attentats du 11 septembre, la plupart des analyses de l'auteur ont depuis été adoptées par le sens commun.

Néanmoins la mise en perspectives de ces évènements est toujours rafraîchissante pour l'esprit; alors que leur exploitation politique continue, surtout aux États-Unis, de même que continue l'hystérie anti-musulmane.

Je n'ai pas très envie de faire un compte rendu plus détaillé du livre. Je vais plutôt continuer à m'en servir comme source (presque) inépuisable de citations pour ce site.

dimanche 25 mai 2008

Le choc des civilisations, c'est la fin de l'histoire

Les conflits ethnico-religieux sont une forme de lutte induite par le capitalisme mondial: à notre époque postpolitique, lorsque la politique est progressivement remplacée par l'administration sociale et le gouvernement des experts, la seule source légitime des conflits est la tension culturelle (ethnique, religieuse). Le regain actuel de la violence irrationnelle est dans le droit fil de la dépolitisation de nos sociétés, de la disparition de la dimension proprement politique, de sa transposition dans les différents niveaux de l'administration des affaires sociales : le phénomène de la violence est traité en termes d'intérêts sociaux, etc. Le reste, intraitable, ne peut nécessairement nous apparaître que comme irrationnelle... Le renversement adéquat, dialectique et hégélien, est ici crucial: ce qui nous apparaît en premier lieu comme une multitude de survivances du passé devant être progressivement dépassées grâce au développement de l'ordre libéral, multiculturel et libéral, est tout à coup perçu, en un éclair, comme le mode même d'existence de cet ordre libéral.

Slavoj Žižek, Bienvenue dans le désert du réel

vendredi 23 mai 2008

Des fleurs pour Algernon

(attention, ce qui suit dévoile la fin du roman)

L'histoire, racontée à la première personne par son personnage principal, est celle de Charlie Gordon, un handicapé mental qui se fait opéré pour devenir intelligent. "Un teligent" comme il l'écrit dans les premières pages du livre, alors qu'il n'a pas encore pu apprendre l'orthographe. Ce qui rend la lecture de ces premières pages un peu pénible. L'opération sera un grand succès, mais les effets auront une durée limitée.

La description de la vie d'un handicapé semble très réaliste, notamment la cruauté qu'il subit, tant lorsqu'il est enfant que lorsqu'il est adulte. L'histoire se déroulant dans les années 60, le politiquement correct n'existe pas encore, et les moqueries à l'encontre du héros, quand il est encore handicapé, s'expriment ouvertement. Les scènes de vie familiales sont dures elles aussi, et décrivent une mère, obsédée par les apparence, qui ne peut admettre la situation de son fils, puis qui voudra le cacher.

La difficulté de décrire Charlie Gordon avec plusieurs états d'intelligence et de conscience est résolu par l'écrivain en rendant son personnage schizophrène. Même au sommet de son intelligence, l'ancien Charlie est présent dans l'inconscient du nouveau Charlie, devenu un génie. À la fin du roman l'ancien a seulement repris sa place.

L'auteur a une vision positiviste et mécanique du cerveau mis en équation, et la psychologie travaille main dans la main avec la médecine et la chirurgie neuronale. Ce côté science fiction "naïve" est loin d'être désagréable, mais rappelle seulement l'âge du livre, sorti en 1966, lui même une re-écriture par son auteur d'une nouvelle de 1959.

Cela n'empêche pas le roman d'être très bien pensé, très bien écrit et touchant. La chute du héros se passe en quelques pages, soulageant ainsi la tristesse que ne peut manquer de ressentir le lecteur en voyant revenir l'ancien Charlie Gordon reprendre sa place et oublier son autre moi.

jeudi 22 mai 2008

Homo Sucker

On pourrait se risquer à déclarer que le mode libéral prédominant de la subjectivité aujourd'hui se dit homo sucker: dans sa tentative perpétuelle d'exploiter et d'instrumentaliser autrui, homo sucker finit par devenir lui même l'ultime zozo. Lorsque nous pensons nous amuser de l'idéologie actuelle, nous ne faisons que renforcer l'emprise qu'elle a sur nous.

Slavoj Žižek, Bienvenue dans le désert du réel

mardi 13 mai 2008

Deux photos

Vue sur la mer depuis la colline du château

Vue sur la mer depuis la plage de la Réserve

La première photo a été prise depuis le haut de la cascade de la Colline du Château. Par la lumière, le bleu de la mer et les branches d'arbres j'ai essayé de créer l'illusion d'être sur une île lointaine, au milieu d'une végétation touffue. Malheureusement il y a bien trop de bateaux pour que l'illusion prenne - je n'avais vu que celui à voile au moment de prendre la photo. Quant à la couleur de la mer, ce bleu clair n'est pas très courant à Nice: c'est le vent qui, en remuant le fond de l'eau, lui a donné cette teinte.

La deuxième photo a été prise depuis la plage de la Réserve, à contre jour, en fin d'après-midi, alors que le soleil avait déjà décliné. J'aime bien l'aspect un peu chaotique et fin du monde de la photo: l'écume, les rampes rouillées et les rochers qui plongent dans la mer, le reflet du soleil crépusculaire, le phare dans l'ombre. La photo n'est pas très bien prise: il y a une barrière qui dépasse en premier plan en bas à gauche et elle est un peu de travers (le phare n'est pas vertical), mais tout cela ajoute un peu de désordre à l'ensemble.

mercredi 7 mai 2008

L'ultime final

En résumé le dernier épisode la saison 1 de Twin Peaks c'est:

  • Un innocent piégé, envoyé en prison pour un crime qu'il n'a pas commis;
  • Une adolescente, coincée dans une maison close, sur le point d'être «essayée» par son père;
  • Une suicidée;
  • Deux femmes coincés dans un hangar en feu, et le mari de l'une d'elle qui s'engouffre à l'intérieur pour les secourir;
  • Le principal témoin du crime tué par le père de la victime;
  • Un méchant, le principal suspect, qui reçoit une balle dans le ventre;
  • Un héros principal lui en reçoit plusieurs!

N'en jetez plus! C'est le final le plus complet que j'ai vu, où toutes les intrigues secondaires, et il y en a beaucoup, finissent sur un cliffhanger. Tout cela dans un épisode classique de 48 minutes, avec le même rythme un peu flegmatique, loin de l'urgence que l'on peut trouver dans des séries récentes comme Lost ou Prison Break. C'est la magie de Twin Peaks.

Heureusement que je n'ai pas vu cet épisode à la télévision, et que je ne suis pas obligé d'attendre une semaine ou des mois pour connaître la suite.

À noter que cet épisode a été écrit et filmé par Mark Frost. David Lynch n'y a donc pas participé.

mardi 6 mai 2008

Carnets niçois

Quelques mots sur mon séjour à Nice, le mois dernier. Cela faisait plus d'un an, depuis décembre 2006, que je n'y avais pas effectué de long séjour, plus long qu'un week-end. J'ai donc essayé de profiter de mes dix jours sur place pour me promener dans cette ville que j'aime bien parcourir à pied.

Le tramway

La principale nouveauté est le tramway. Son passage a travers la ville a modifié l'aspect de bien de rues, d'avenues et de places. Je ne suis pas monté dedans aussi je n'ai aperçu qu'une partie de son parcours. Le côté agréable de ces transformations, pour un marcheur comme moi qui évite de prendre la voiture, est la place accordée aux piétons: les trottoirs sont plus larges.

Ce qui est dommage en revanche est l'absence de toute verdure dans ces nouvelles zones piétonnes. L'exemple le plus frappant est la place Garibaldi. Auparavant cette place était constituée d'un rond point d'un diamètre de trente mètre environ contenant une pelouse au centre de laquelle trônait une statue de Garibaldi, entourée de deux ou trois arbres. La pelouse a été réduite à son minimum pour pouvoir continuer à accueillir la statue. Idem pour les quelques arbres qui ont pu garder un peu d'herbe à leurs pieds, mais en étant séparer les uns des autres.

Le reste de la place est devenu un damier de dalles grises. Le rond point est devenu une intersection entre une route à une voie et le tramway. Il n'y aucune séparation entre la rue et la zone piétonne, à part peut-être une vague nuance dans le grisâtre, et quelques minuscules plot métalliques. Plus d'une fois j'ai vu un piéton sursauter, apercevant au dernier moment un bus ou une voiture lui couper la route ou klaxonner.

La place est encore en travaux. De nouveau arbres maigrelets ont été plantés, dans des trous remplis de terre, là où une dalle à été enlevée. Tout est gris.

C'est l'autre regret des modifications apportées par le tramway: la couleur des trottoirs. Ainsi le boulevard Jean Jaurès a perdu ses anciennes dalles jaune ocre et orange.

Autre lieux de flâneries et de gourmandise

L'autre nouveauté, bien plus minime et plus locale, est le parc de la place Arson, bien agréable pour les enfants. Avec le Château et le Castel des Deux Rois, c'était nos trois destinations principales pour se promener en famille. Les arènes de Cimiez sont aussi un de nos endroits préférés, pour marcher ou courir au milieu des oliviers ou tout simplement pour prendre un café. Mais de là où nous logions il était nécessaire de prendre une voiture.

Sans les enfants, lorsque le soleil tape un peu fort, j'ai toujours aimé me réfugier dans la librairie Privat, l'ancienne librairie Sorbonne. Ses hauts plafonds et le large choix de livres en font un lieu propice à la découverte et la lecture.

Un soir, pour me rappeler ma jeunesse presque passée, nous sommes allés boire une bière dans un pub du cours Saleya. Grâce à la nouvelle interdiction de fumer dans les lieux publics, j'ai enfin pu vraiment apprécier le goût de la bière (à la pêche) dans un pub. En journée, pour prendre un thé ou un gâteau, c'est au Moshi Moshi que je préfère aller, à côté du Mamac. L'endroit est vraiment coloré, la maîtresse des lieux charmante et bon conseillère en thé.

Néanmoins le meilleur endroit pour dépenser ses tickets restaurants reste le glacier Fenocchio. La glace aux noix de macadamia vaut définitivement le détour, plus que celle aux noix de pécan et au sirop d'érable. Enfin, cela reste une question de goût, et de toute façon il faut que j'y retourne pour goûter les autres parfums.

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