Le Carnet de Michaël

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lundi 6 juillet 2009

La seule vérité gnostique de l’immobilier

Malheureusement, par ignorance et obstination, les Markham n’ont pas réussi à saisir la seule vérité gnostique de l’immobilier (une vérité impossible à révéler sans paraître malhonnête et cynique) : les gens ne trouvent ou n’achètent jamais la maison dont ils rêvaient. L’économie de marché, ai-je appris, ne se fonde même pas approximativement sur la satisfaction des exigences de qui que ce soit. Le principe consiste à vous montrer ce dont vous auriez cru ne vouloir à aucun prix, mais qui est disponible, si bien que vous cédez et commencer à trouver des moyens de vous réconcilier avec cette solution et avec vous-même. D’ailleurs, qu’y a-t-il de mal ? Pourquoi n’obtiendrez-vous que ce que vous croyez chercher, ou seriez-vous limité par ce que vous pouvez simplement escompter ? Ça ne se passe jamais ainsi dans la vie, et si vous n’êtes pas un imbécile vous déciderez que c’est mieux comme ça.

Richard Ford - Indépendance

dimanche 14 juin 2009

Une définition de la Décroissance

Plus d’un an après son déroulement, je viens de découvrir, via un site américain, que s’est tenu à Paris une conférence internationale sur la Décroissance.

Je n’ai pas eu le courage de lire les actes de cette conférence (300 pages en anglais). En revanche la déclaration finale est intéressante:

Nous appelons à changer d’horizon et à passer de la poursuite générale et illimitée de la croissance économique au concept d’ajustement des économies nationales et mondiale.

1. Au niveau mondial, l’ajustement signifie une réduction de l’empreinte écologique totale (l’empreinte carbone incluse) jusqu’à un niveau soutenable.

2. Dans les pays où l’empreinte écologique par personne est supérieure au niveau mondial soutenable, l’ajustement signifie une réduction vers le niveau soutenable en un temps raisonnable.

3. Dans les pays où existe une grande pauvreté, l’ajustement implique une augmentation aussi rapide que possible de la consommation pour les plus pauvres, de manière soutenable, jusqu’à l’obtention d’un niveau de vie décent, selon des approches de réduction de la pauvreté déterminées localement plutôt que par des politiques imposées de l’extérieur.

4. Dans certains cas cela nécessitera une augmentation de l’activité économique, mais la redistribution de revenus et de richesse de manière intra- et inter-nationale formera l’essentiel du processus.

Suivi de la définition de la décroissance:

Le processus par lequel on peut obtenir l’ajustement dans les pays les plus riches et globalement dans l’économie mondiale s’appelle la «décroissance».

Voilà qui répond aux critiques trop rapides de la «Décroissance» pour qui ce mouvement va l’encontre du développement des pays les plus pauvres. Au contraire, «La Décroissance» ainsi définie a pour objectif l’amélioration des conditions de vie dans ces pays.

Il reste selon moi deux obstacles à ce que l’idée de «Décroissance» se propage et s’impose comme une nécessité, à l’instar de l’écologie :

  1. l’égoïsme, l’absence de vision de la plupart des hommes politiques des pays riches, et de quelques uns de leurs électeurs, certainement pas prêts à abandonner leurs voitures et leurs écrans plats;
  2. ce terme de «décroissance», qui continue en lui même à se définir négativement.

samedi 6 juin 2009

Harmonie qui ne se trouble…

Pour faire les amitiés sincères et durables entre femme, il faut qu’elles aient été cimentées par de petits crimes. Quand deux amies peuvent se tuer réciproquement, et se voient un poignard empoisonné dans la main, elles offrent le spectacle touchant d’une harmonie qui ne se trouble qu’au moment où l’une d’elles a, par mégarde, lâché son arme.

Balzac, Les Secrets de la princesse de Cadignan

jeudi 28 mai 2009

Le Figaro revisited

Original

Car aussi surprenant que cela puisse paraître, la justice, qui peut placer des caméras et des micros partout, n'avait aucun droit d'accès aux ordinateurs, sanctuarisés par un vide juridique. Certes, elle pouvait exiger des informations auprès des fournisseurs d'accès à Internet. Mais le résultat était parfois aléatoire. Surtout, elle ne pouvait pas capter les conversations des trafiquants qui communiquent désormais via leur ordinateur grâce au protocole du logiciel Skype, entièrement crypté.

(Source)

Variation Première

Car aussi surprenant que cela puisse paraître, la justice, qui peut placer des caméras et des micros partout, n'avait aucun droit d'accès aux dessous de couette, sanctuarisées par un vide juridique. Certes, elle pouvait exiger des informations auprès des voisins. Mais le résultat était parfois aléatoire. Surtout, elle ne pouvait pas capter les conversations qui se chuchotaient à voix basse sous les draps.

Variation Seconde

Car aussi surprenant que cela puisse paraître, la justice, qui peut placer des caméras et des micros partout, n'avait aucun droit d'accès aux cerveaux, sanctuarisés par un vide juridique. Certes, elle pouvait exiger des informations auprès de leurs propriétaires. Mais le résultat était parfois aléatoire. Surtout, elle ne pouvait pas capter les conversations intérieures des individus entièrement silencieuses.

lundi 25 mai 2009

Le néo-petit-bourgeois « libertaire » et la non-conformité

Cantonnée au mode de vie conçu comme style de vie, la non-conformité n’a donc plus de raisons de s’en prendre aux normes et aux codes officiels puisque leur « transgression » individuelle, institutionnalisée, subventionnée et mercantilisée, participe maintenant du renouvellement de la domination capitaliste.

La suite, ou plutôt le commencement, se trouve dans un article de numéro de janvier 2009 du Monde Diplomatique.

mardi 19 mai 2009

Un Week end dans le Michigan

Un Week end dans le Michigan est un roman de Richard Ford, raconté à la première personne par Franck Bascombe, le protagoniste principal.

Le personnage de Franck, anti héros de banlieu, est à la recherche perpétuelle de motifs de satisfaction, à l’affût des petits plaisirs et des petits mystères. Sa maison dans le New Jersey, son travail de journaliste sportif, sa liaison avec une jeune infirmière, un week-end de Pâques dans le Michigan, tout est source de bien être et de statut-co, prétexte à ne pas en désirer plus.

Sans attente, en dehors de nouvelles amitiés viriles et superficielles, sa vie semble arrêtée. Son égoïsme et son refus de partager la douleur des autres finiront par blesser ses proches, et isoleront Franck encore plus, y compris du lecteur dont la sympathie ne lui sera plus acquise à un certain point du livre.

Ce roman est une description minutieuse et précise du mode vie des classes moyennes américaines des années 80, aux valeurs simples et conservatrices, apolitiques dans un pays gouverné par Reagan. Baigné dans une ambiance de nostalgie de l’instant présent, sans tristesse, il entraîne le lecteur dans le quotidien des banlieues résidentielles à la recherche du sel de l’existence, selon Franck Bascombe : le mystère.

mardi 12 mai 2009

Au pas, au pas, au pas: Jean-Jacques Guillet et la loi Hadopi

Finalement Monsieur le Député Maire de Chaville n’a pas ré-édité son acte de bravoure contre un gouvernement de sa majorité. Alors qu’il s’était opposé en 2006 contre la loi Dadvsi, parce qu’elle mettait des «obstacles juridiques excessifs au téléchargement» et qu’elle allait à «à l’encontre de l’évolution de la société», la loi dite Hadopi, qui n’autorise que la surveillance des communications et la coupure à internet sans décision judiciaire, s’est trouvée, elle, digne de son vote.

Par cette décision M Jean-Jacques Guillet est rentré rentré dans le rang. Lors du vote sur la loi Dadvsi il faisait partie des 78 députés de l’UMP, sur un total de 364, à faire preuve d’indépendance, en ne votant pas pour le texte: soit en ne participant pas au vote, soit en s’abstenant ou en votant contre. Ainsi il appartenait aux quelques 21% des députés ayant exprimé leur désaccord d’une façon ou d’une autre.

Lors du vote d’aujourd’hui, ils ne sont plus que 33 députés sur 317 de la majorité, soit 10,41%, à ne pas avoir suivi l’ordre venu d’en haut de voter la loi. M Jean-Jacques Guillet n’en fait plus partie. Autrement dit il s’est sagement rangé avec le reste des troupes UMP.

D’après son assistante parlementaire jointe au téléphone le mardi 12 mai au matin, M Jean-Jacques Guillet a considéré que les amendements modifiant la loi était de nature suffisante à apporter son soutien au texte.

Lettre ouverte à Monsieur Jean-Jacques Guillet, Député Maire de Chaville, au sujet de la loi Hadopi

Monsieur le Député Maire

En mars 2006 vous aviez affirmé votre indépendance vis à vis du gouvernement en vous positionnant contre la loi Dadvsi qu’il proposait alors au vote des députés.

Je reprends vos propos, qui sont encore disponibles en ligne :

La technologie évolue rapidement et on ne peut mettre des obstacles juridiques excessifs au téléchargement. […] Je reconnais qu’il faut protéger la création. Mais les solutions envisagées par le gouvernement vont à l’encontre de l’évolution de la société. Je ne voterai pas ce texte.

Demain, mardi 12 mai 2009, la loi Hadopi sera à son tour soumise au vote des députés. Les critiques que vous avez formulées il y a trois ans sont toujours d’actualité. Elles sont partagées par le parlement européen, par des députés UMP, par plusieurs associations d’artistes et de très nombreux internautes.

Aussi, à quelques heures du votes, je voulais m’assurer que vous vous opposerez à cette loi inapplicable qui va à l’«encontre des droits de l'homme, des droits civiques», ainsi que l’a formulé le parlement européen la semaine dernière.

En attendant votre réponse, je me permets de diffuser publiquement ma requête.

Je vous vous prie d'agréer Monsieur le Député-Maire l'expression de mes sentiments les meilleurs.

mercredi 6 mai 2009

Collabo

Les situations historiques toujours nouvelles dévoilent les possibilités constantes de l’homme et nous permettent de les dénommer. Ainsi, le mot collaboration a conquis pendant la guerre contre le nazisme un sens nouveau : être volontairement au service d’un pouvoir immonde. Notion fondamentale ! Comment l’humanité a-t-elle pu s’en passer jusqu’en 1944 ? Le mot une fois trouvé, on se rend compte de plus en plus que l’activité de l’homme a le caractère d’une collaboration. Tous ceux qui exaltent le vacarme mass-médiatique, le sourire imbécile de la publicité, l’oubli de la nature, l’indiscrétion élevée au rang de vertu, il faut les appeler : collabos du moderne.

Milan Kundera - Soixante treize mots dans l’Art du roman

lundi 4 mai 2009

Le froissement de ses bas

J’entends le froissement de ses bas lorsqu’elle se retourne, puis repart sur la pelouse et dans le vent, les bras écartés du corps, marchant sur la pointe des pieds pour éviter que ses talons ne s’enfoncent dans la terre détrempée. Elle ne se retourne pas - elle ne doit pas le faire - et disparaît rapidement dans la maison. [...] Je reste quelques instants assis à l’endroit où je suis tombé, près de ma voiture, les yeux levés vers les nuages qui se déchirent, en essayant d’arrêter le manège vertigineux du monde. Tout m’a paru attrayant et prometteur, mais je me demande maintenant si la vie ne m’est pas passé sur le corps comme un énorme semi-remorque, avant de m’abandonner , écrasé, au bord de la route.

Richard Ford - Un week-end dans le Michigan

samedi 25 avril 2009

Le claquement de la cravache et du fouet

D’où vient le mot Flic ? Il vient du claquement de la cravache et du fouet, et par extension il est donné à celui qui use de la cravache et du fouet, c’est à dire qui use de la force sans qu’il ait à en répondre devant qui ce soit, celui qui jouit, en un mot, d’impunité.

Roberto Bolanõ - Le policier des souris dans Le Gaucho Insupportable

lundi 20 avril 2009

À portée de main

Des choses sont là, à portée de main, dont j’ignore tout mais que j’aimerais peut-être, et qui m’attendent sans doute. Même si je me trompe. Le plaisir violent d’une nouvelle arrivée. Une belle lumière dans un restaurant qui vous plaît particulièrement. Un chauffeur de taxi qui a une vie intéressante à raconter. La voix fortuite et chantante d’une inconnue, que vous pouvez écouter dans un bar où vous entrez pour la première fois, à une heure où vous auriez normalement été seul. Tout cela vous attend. Qu’espérer de mieux ? De plus mystérieux ? De plus désirable ? Rien. Strictement rien.

Richard Ford - Un week-end dans le Michigan

dimanche 5 avril 2009

Si vous me promettez de ne pas parler de politique

Maintenant que la loi Hadopi a été votée, il est temps de passer à autre chose. Certes Hadopi est une loi absurde, coûteuse, inapplicable, juridiquement mal conçue. Elle n’est qu’une borne, en forme de pierre tombale, sur la route qui mène à la disparition des majors du disque.

Pendant qu’Hadopi occupait la bande passante et les esprits, un combat contre une loi déjà votée depuis longtemps se poursuivait. Ce combat contre la LRU continue encore, et il me semble qu’en parler est devenu plus important. Laissons mourir Hadopi, et attaquons nous à la LRU.

La lutte est engagée depuis plus deux mois. C’est une lutte qui implique des confrontations physiques, et des formes nouvelles et originales de résistances. La Ronde Infinie des Obstinés est sans doute la réponse la plus artistique et poétique. Les cours alternatifs est une autre forme de réponse.

Donner ses cours dans des espaces publics est un moyen pour les professeurs de conserver l’intérêt des étudiants, de partager ses connaissance avec un public plus large, tout en manifestant son désaccord. C’était l’intention de [Claude-Marie Vadrot| http://horreurecologique.blogspot.com/|fr] lorsqu’il a donné rendez-vous à ces étudiants le mardi 31 mars au Jardin des Plantes, pour un cours sur la biodiversité et l'histoire du Muséum National d’Histoire Naturelle.

Manque de bol, l’accès lui a été refusé. Son parcours militant a effrayé la direction du Muséum avertie de sa venue et lui a envoyé des vigiles armés de bombes lacrymogènes. M Vadrot n’a pu rentrer dans le Jardin des Plantes, qu’après avoir gentiment promis de «ne pas parler politique [à ses] étudiants».

lundi 30 mars 2009

Cygne noir, paon et autre volatile

Un cygne noir: Un cygne noir

Un paon: Un paon

Et un autre volatile: Un autre volatile

mercredi 25 mars 2009

L’organisation naturelle de projets

Malgré son titre français ridicule, le livre «S’organiser pour réussir» gagne à être lu. Parmi les concepts décrits dans cet ouvrage, celui d’organisation naturelle des projets synthétise la philosophie de l’auteur.

Cette méthode d’organisation se veut simple. Elle n’entend pas se substituer à des méthodes plus formelles issues de l’ingénierie. Il s’agit plutôt d’une méthode complémentaire, qui peut être utilisée au quotidien. Elle est adaptée aussi bien aux projets professionnels qu’à des projets privés ou modestes comme l’organisation d’un dîner.

La méthode est qualifiée de naturelle par David Allen parce qu’elle reproduit les cinq phases de notre cerveau lorsqu’il s’organise. Ou plutôt lorsqu’il organise pour nous, à notre place. Ces étapes sont les suivantes :

  1. Définition du pourquoi, et des principes;
  2. Visualisation du résultat;
  3. Génération des idées en vrac (Brainstorming);
  4. Classement et organisation des idées;
  5. Liste des premières actions.

L’intention et les principes

La première phase consiste à répondre à la simple question du «pourquoi» du projet. Cela permet d’expliciter l’objet du projet, et de créer la motivation qui nous animera pendant sa mise en oeuvre.

C’est en répondant à cette question que nous serons capable de :

  • définir le succès du projet;
  • prendre des décisions;
  • décider des ressources à utiliser;
  • être motivé;
  • avoir une vision d’ensemble;
  • élargir les options possibles.

Après avoir explicité l’intention, l’objectif exact du projet, il est nécessaire de prendre conscience des principes que l’on souhaite respecter pour atteindre cet objectif. Ces principes sont les conditions que l’on se pose : «Je ferai tout pour réussir ce projet à condition que…». Cette étape explicite les limites dans lesquelles nous travaillerons.

La visualisation

La deuxième phase est essentielle. Elle consiste visualiser mentalement le projet réalisé. Pour cela il faut :#

  1. se projeter dans le futur, après l’achèvement complet du projet;
  2. visualiser le projet achevé et réussi totalement, dans tous ses aspects;
  3. noter précisément la situation nouvelle, apportée par cette réussite.

Cette étape nous permet de savoir exactement où l’on veut aller, ce que l’on veut atteindre.

Les idées : Tempête dans un cerveau

Une fois que l’on sait où aller, et pourquoi, il faut définir comment. C’est à la troisième étape, celle du brainstorming, du jaillissement des idées, que commence la définition du «comment».

Le procédé est simple: il faut noter en vrac, sans sélection, toutes les idées qui nous viennent à l’esprit. Et de continuer tant que de nouvelles idées arrivent.

Cette étape peut être optimisée par l’utilisation d’outils de cartes heuristiques.

Le plan : De l’ordre après la tempête

L’étape d’après répond à la question : «quel est le plan ?»

Une fois que le cerveau a bien chauffé, que votre espace de travail est rempli de feuilles, de post-it et d’enveloppes griffonnées, il est tant d’organiser toutes ces idées. Il faut donc les rassembler, les classer par catégories, par relation de dépendances, par séquences, par priorités, etc.

L’organisation des premières idées permet généralement d’en trouver des nouvelles, qui les vont compléter, les détailler.

Les actions : Du simple, du concret

La dernière étape consiste à définir les premières actions. Elle est, avec le deuxième étape, celle de la visualisation du résultat, l’une des clés de cette méthode.

Pour chaque domaine défini précédemment, pour chaque point du plan, il faut décrire, précisément, quelle est la prochaine action concrète qui doit être réalisée. Il faut parfois aussi décider qui va la réaliser. C’est en rendant explicite chaque prochaine action que le projet va être mis en mouvement. Leur existence est la garantie de son avancement.

Les points clés

Sa simplicité nécessite de revenir sur les deux pivots autour desquels s’articule la méthode naturelle d’organisation des projets. La visualisation du résultat est le premier pivot. Outre qu’elle permet d’expliciter l’objectif à réaliser, elle déclenche un processus cognitif qui garantit la concentration de notre cerveau sur cet objectif.

Quant aux prochaines actions, elles apportent elles aussi la garantie d’un avancement concret. Leurs désignations matérialisent le passage de l’état de projet en projet à celui de projet qui a démarré. Elles apportent clarté, responsabilité et tranquillité de l’esprit. Tout cela pour une décision qui, le plus souvent, peut se prendre en cinq minutes, ou moins.

mercredi 11 mars 2009

Into the wild

Qu’est-ce qui pousse un jeune homme, à l’avenir prometteur, à prendre la route, à couper les liens avec sa famille, à choisir une vie simple et frugale, abandonnant sa voiture, et tout son argent, plusieurs fois, à vouloir vivre au plus près de la nature au point de s’isoler quatre mois en Alaska, et d’y trouver la mort? Telles sont quelques unes des questions auxquelles tente de répondre le livre de Krakauer.

Bien que datant de 1992, ce drame est à la fois étonnamment moderne, et universel. Les aspirations de Christopher McCandless, son rejet de la société de la consommation, qu’il juge absurde et dangereuse pour l’humanité, semblent sorties d’un manifeste de la Décroissance. Mais leurs fondements, ses inspirations, sont un peu différents et plus anciens.

Alex était un lecteur assidu de Tolstoï, Thoreau, et Jack London. Leurs écrits ont eu une influence majeure sur sa perception du monde. Le voyage d’Alex n’est finalement qu’une tentative de vivre en accord avec les principes forgés par ses lectures. Lui même a marqué beaucoup des personnes qu’il a croisé, comme Ronald Franz cet homme de 80 ans qu’il a convaincu de quitter son appartement. Son chemin a aussi croisé celui de plusieurs communautés, de vagabonds et de personnage vivant en marge. Ce livre est ainsi l’occasion de croiser une autre Amérique: celle des communautés hippis, ou ce qu’il en reste trente ans après leur début, celle de la route, des auto-stoppeurs, des hobos.

La personnalité de Christopher McCandless est marquante. Elle recèle un désir d’absolu, de pureté typiquement adolescent. Il est rare de voir ces désirs mis en oeuvre avec autant de force et de conviction. Si on accepte l’interprétation de Jon Krakauer, le jeune homme a été au bout de son expérience d’isolement dans la nature pour conclure que «le bonheur n’est vrai que s’il est partagé.» Ce changement de philosophie est une leçon de vie.

mardi 10 mars 2009

Modification de dates exif en ligne de commande

Parfois, après une recharge totale de la batterie de mon appareil photo, la date n’est plus à jour. Généralement je la corrige correctement, mais dernièrement je me suis trompé d’exactement deux mois. Je m’en suis rendu compte une fois les photos téléchargées sur mon ordinateur. Heureusement, après quelques recherches, le problèmes s’est résolu en deux lignes de commandes:

$ sudo aptitude install libimage-exiftool-perl
$ exiftool  -AllDates+='0:2:0 0' *

La première commande installe le programme exiftool, disponible dans un paquet préfixé par 'lib'. La seconde avance de deux mois les dates exif de toutes les images du répertoire courant. Il existe de nombreuses manipulations de tag possibles avec exiftool, et celles concernant les dates sont bien documentées.

lundi 9 mars 2009

Avec toutes sortes de belles idées

Ils se droguaient avec toutes sortes de belles idées qu’ils se faisaient d’eux-mêmes et de leur talent, des hommes et de leur puissance, de ce qu’ils appelaient leur civilisation, leurs maisons de la culture, avec le matériel des surplus américains qui couvrait déjà toute la terre et qu’ils envoyaient maintenant tourner autour de la lune, à la recherche d’endroits toujours nouveaux où ils pourraient déverser leurs ordures.

Romain Gary. Les mangeurs d’étoiles

vendredi 6 mars 2009

Savon

Les Simbas mangeaient leurs prisonniers blancs et noirs après les avoir torturés. Les Allemands les transformaient en savon. La différence entre les Simbas barbares et les Allemands civilisés était tout entière dans ce savon. Ce besoin de propreté, c’est la culture.

Romain Gary. Les mangeurs d’étoiles

dimanche 1 mars 2009

Faut que tu sortes de l’enfance

- Faut que tu sortes de l’enfance, dit-elle enfin. C’est tout. Mon petit gars pas verni, mon petit gars à moi, il ne t’est jamais venu à l’idée que nous aussi, on fait notre numéro? On est plus vieilles que vous, on a vécu à l’intérieur de vous, autrefois: la cinquième côte, la plus proche du coeur. Nous avons su tout ce qu’il y avait à savoir, à ce moment là. Depuis, ça a été notre jeu de nourrir ce coeur, que tous vous croyez creux, alors que nous, on sait qu’il n’en est rien. Et en plus vous vivez en nous pendant neuf mois, et chaque fois aussi que vous avez envie de retourner d’où vous venez.

Thomas Pynchon, V.

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