Pour une fois je vais suivre une tendance, et comme beaucoup d’autres sites, je vais partager à mon tour mes lectures les plus marquantes de
la semaine.
Savons-nous encore lire?
Je n’avais pas encore lu le texte «Est-ce-que Google et Internet nous
rendent idiots?» de Nicolas Carr, traduit et diffusé en français une
première fois sur le site de Framasoft et repris par InternectActu cette semaine. Nicolas Carr pointe
ce qui est sans aucun doute une évolution majeure de nos mentalités, de notre
façon de penser et d’être.
Extraits:
Notre capacité à interpréter le texte, à réaliser les riches connexions
mentales qui se produisent lorsque nous lisons profondément et sans
distraction, reste largement inutilisée.
L’idée que nos esprits doivent fonctionner comme des machines traitant des
données à haute vitesse n’est pas seulement inscrite dans les rouages
d’Internet, c’est également le business-model qui domine le réseau.
Une lecture tranquille ou une réflexion lente et concentrée sont bien les
dernières choses que ces compagnies désirent. C’est dans leur intérêt
commercial de nous distraire.
Si nous perdons ces endroits calmes ou si nous les remplissons avec du
“contenu”, nous allons sacrifier quelque chose d’important non seulement pour
nous même, mais également pour notre culture.
Ce texte, un peu effrayant, a le mérite de poser de très bonnes questions,
et d’interpeller le lecteur que je suis. Un bon test pour savoir ce texte vous
concerne est d’essayer de le lire d’une seule traite.
Le futur de l’eau
Comment faire face aux futurs problèmes liés à l’eau (rareté, pureté et
distribution) qui ne manqueront de surgir dans les années à venir? Voici une proposition sous la forme d’un nouveau paradigme s’appuyant sur deux
bases:
- la distinction «eau hygiénique», celle du robinet, et l’«eau à boire»;
- la généralisation des toilette sèches.
Le terme de «paradigme» pour qualifier cette proposition est
réellement adapté tant la solution demande une véritable révolution de notre
façon de vivre. Elle semble à la fois très simple à mettre en oeuvre, d’un
point de vue purement technique, mais aussi extrêmement difficile à faire
adopter. Essayez donc de proposer des toilettes sèches dans votre immeuble
:-)
Au passage ce texte nous apprend pas mal de choses sur le réseau actuel de
distribution de l’eau. Extraits:
Pour le réseau d’assainissement comme pour le réseau d’eau potable, il
n’existe pas de maintenance préventive ni de remplacement de conduite avant
dégradation majeure. Si les collectivités locales ne peuvent pas réaliser un
renouvellement préventif de ces réseaux, le risque pour que l’on arrive, à un
horizon de 40 à 50 ans, en particulier pour l’assainissement, à une situation
où l’ensemble des réseaux sera vétuste et déficient deviendra très élevé
Un français ne consomme au sens large que quelques centièmes du volume d’eau
potable qui entre dans son habitation.
Si [...] tous les usagers restreignaient d’une façon ou d’une autre leur
consommation d’eau du robinet, les réseaux d’alimentation en eau potable ne
pourraient plus les alimenter en eau potable ! On se heurterait en effet
très vite à un grave problème de contamination microbiologique car toute
réduction significative des volumes consommés entrainerait une contamination
systématique de l’eau potable à cause de la stagnation dans les tuyaux qui se
trouveraient de fait surdimensionnés.
L’article à diffuser
Le texte au Journal Officiel, et son explication par Eolas. Que rajouter? Rien.