Le Carnet de Michaël

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lundi 11 août 2014

Lune et Couleuvre

Couleuvre dans l’eau

Lune presque pleine

dimanche 26 mai 2013

De Berlin à Nice

De Berlin Aéroport de Berlin Schönefeld à Ciel et Nuage Nice Aéroport de Nice

dimanche 6 mai 2012

Le Déchronologue: Lost au pays des Pirates

Aimez-vous les histoires de pirates ? Les vraies histoires de pirates ! Celles qui se déroulent sur la mer, à coup de canon et de sabre, mais aussi dans des tavernes aux noms aussi poétique que «Le Rat qui pète», ou bien au cœur de la jungle des Mayas - dans un territoire hors de portée des espagnols, ou encore dans des cachots humides, dont seul le bois pourri permet à ses prisonniers de ne pas mourir de faim ou de soif… Si vous aimez ces histoires de pirates là, alors le Déchronologue est fait pour vous.

Bateau surgissant du Temps

Mais le Déchronologue n’est pas une histoire de pirate ordinaire, celle du Capitaine français Henri Villon. Ce capitaine vit une époque où des phénomènes étranges se produisent. Et il s’est découvert une passion pour les maravillas, ces curieux objets apparus récemment dans la Mer des Caraïbes.

Ces merveilles sont d’étranges boîtes. Certaines contiennent de la nourriture. D’autres permettent de guérir des maladies réputées fatales. Certaines produisent de la lumière. Et d’autres encore de la musique bizarre, d’une autre époque. Il y a cette voix en particulier, un peu plaintive, que le Capitaine Henri Villon aime bien écouter. Ce Bob Dylan.

Et pour que le lecteur comprenne bien que le temps, dans ce roman, s’est totalement détraqué, les chapitres, aussi, ont été déplacés. L’ordre chronologique a disparu au profit d’une narration, étalée sur quinze ans, en forme de va et vient, entre les années et les lieux, entre les îles, les ports et les mers, entre les voyages, les combats et les fuites. Entre Alexandre le Grand, et ce terrifiant navire en métal, qui peut disparaître sous l’eau.

Le Déchronologue, c’est peu Lost, au pays des pirates. La Mer des Caraïbes remplaçant l’île.

lundi 22 août 2011

Empires hydrauliques avides de chair et de plasma

Et ce n’est pas Roosevelt qui a inventé ça. Les Babyloniens, les Assyriens, les Mauryas, la Perse, les Incas, les Aztèques, tous, tous étaient des empires hydrauliques avides de chair et de plasma, assoiffés de vies humaines. C’est eux le New Deal, les grandes machines aspirantes et turbines à sang et flics de l’énergie et transformateurs de flotte en noyés. Des cadavres entiers pendent sur leurs portiques, des têtes tournent à toute vitesse sur leurs disjoncteurs, des corps sont mixés dans la salle des machines, des corps sont empalés sur les parafoudres en réserves, des ponts roulants écrasent des jointures de pieds pour faire un mortier pour monter des corps entiers dans le corps du barrage. J’exècre les monuments, Lawson, j’exècre les réseaux aux centre desquels un bouvier bien pourvu en sperme lève le petit doigt sur sa suite de femelles et vomit dans des plats en argent, j’exècre les ruches et leurs rayons ordonnés en quinconce et la chambre nuptiale où trône une reine infirme gavée de gelée tremblotante et dotée d’une espérance de vie quatre cents fois supérieure à celle de ses ouvrières imbéciles. J’expulse les institutions de ma cage thoracique.

Céline Minard - Le Dernier Monde

mercredi 27 juillet 2011

L’or reposait au fond des rivières

Dans les temps idylliques, l’or reposait au fond des rivières et luisait au milieu du ballet des ondines. Puis on l’a transporté dans des cavernes sous la surveillance des dragons, mais ils n’arrêtaient pas de s’endormir et se faisait plus souvent qu’à leur tour décapiter par les héros. Dorénavant, pour plus de sûreté, il est dans les coffres des banques sous ses formes triviales de lingots et de billets - et puis partout, matérialisé de façon plus subtile en bâtiment, mobilier, base de données, ordinateur, capable même de se hausser jusqu’à l’immatériel : matière grise, connaissance, inestimable capital humain.

Vincent Message - Les Veilleurs

mercredi 13 juillet 2011

La raison et l’imaginaire

La raison et l’imaginaire se livrent une guerre civile depuis maintenant des siècles. Ils sont comme des enfants que la Vie tient dans ses bras. Elle les regarde se battre avec les yeux rougis d’une maman affligée. Ça lui fait mal. Chacun des coups qu’ils échangent lui fait mal. Elle sait très bien qu’elle ne brillera pas de tout son éclat avant qu’ils soient réconciliés. L’imaginaire confit de superstitions a engendré une raison orgueilleuse et sûre de son bon droit. Cette raison étroite, à son tour, ne pouvait que faire basculer l’imaginaire vers la nuit la plus noire. Cela continue sous nos yeux. Ils serait vraiment temps que cette guerre civile cesse. Qui va baisser les armes en premier? Qui agitera le drapeau blanc? Personnellement, je tiens la vraie raison en grande estime, car je la vois comme une force infinie. La raison des penseurs… des scientifiques… Elle peut nous libérer. Elle a le pouvoir de nous aider à accomplir nos rêves. Le jour où la raison sera vraiment pragmatique, elle réclamera elle-même la prise en compte de l’homme imaginaire. Sinon elle ne fait que jouer avec des pièces tronquées en deux. -- Mais de son côté l’imaginaire doit sortir de la Nuit et reprendre le large. Je ne vois que cette solution. Un pas chacun. C’est comme ça qu’on arrête les guerres.

Vincent Message - Les Veilleurs

mercredi 6 juillet 2011

Anaïs et Amélie

Peut-être s’appelent-elles Anaïs et Amélie. Et je serais pigiste au Progrès, chargé de rédiger un article sur les deux vainqueurs ex æquo de l’élection de Miss Pouffe Pays jurassien. Je finirais par tout savoir. Pourquoi cette fierté de merde qu’elles cultivent à coup de cambrures disgracieuses, gros derches trop moulés, et ça tord ça tord, et les nichons qui pointent, les tartines de fond de teint, épais traits noirs pour se niquer le regard, accentuer l’air vorace toi tu me reluques pas plus de cinq secondes ou je t’arrache les trous de nez.

Pierric Bailly - Polichinelle

jeudi 19 mai 2011

Les Jardinades de Chaville en Deuil d’un petit coin de Paradis

Pour tous ceux qui l’ont vu, c’était un petit coin de paradis. C’était un terrain appartenant à la ville de Chaville, laissé à l’abandon. L’hiver dernier, des citoyens ont décidé d’en prendre soin.

Un petit coin de paradis au cœur de Chaville

La porte était ouverte. Ils sont entrés. Ils se sont rencontrés. Ils ont enlevé les mauvaises herbes, coupé les ronces, retiré les débris en plastique, les morceaux de ciment, les barres de fers dangereuses, labouré, ou plus exactement greliné la terre. Ils ont planté, semé, arrosé, arrosé, arrosé toutes les semaines depuis deux mois. Ils ont fait de ce terrain vague un petit coin de paradis.

En parallèle de ce travail de la terre, on se renseigne auprès de la mairie: Le plan d’occupation des sols va être modifié. Le temps de décider, de voter et de commencer les travaux, le terrain est disponible jusqu’à février 2012 au moins. Cela laisse le temps de faire deux récoltes - été et automne. Tant pis si cela ne dure pas - profitons du moment, de la brèche.

Butte fertile aux fraises et aux épinards

Nous essayons néanmoins d’obtenir une convention d’utilisation éphémère avec la ville. Nous n’obtenons rien - jusqu’au jour où nous sommes convoqués: «Peut-être que nous avons posé un cadenas pour protéger notre matériel et nos cultures; oui nous savons que le terrain est à la mairie, c’est pourquoi nous voulons signer une convention d’utilisation, c’est ce que nous vous demandons depuis des semaines».

Monsieur le Directeur général adjoint en charge des services techniques, nous affirme que la mairie a ses raisons pour ne pas autoriser l’utilisation de ce terrain. Mais nous les connaîtrons pas. Quant à Monsieur Christophe Tampon-Lajarriette, le maire Adjoint délégué à l’Urbanisme et au Patrimoine communal, il est enfin prêt à nous recevoir bientôt tout de suite, après des mois de silence.

Sinon, amis chavillois jardiniers, soyez rassurés: la Mairie a le projet de créer un jardin partagé. Un jour. Il faut juste amener de la terre sur le bout de terrain en bordure des voies SNCF prévu au grand destin de devenir le premier jardin partagé officiel de la ville Chaville.

En attendant, les services de la mairie reçoivent le code du cadenas. Et nous réitérons notre demande de convention d’utilisation éphémère. Et enfin nous obtenons notre rendez-vous avec le Maire Adjoint!

Nous y allons en pensant soit avoir notre convention, soit connaître la mystérieuse raison qui empêche à la mairie de faire profiter de ce terrain magnifique au plus grand nombre .

Table et chaises dans un jardin chavillois

Hélas, ce rendez-vous n’est qu’un traquenard qui se finit par un ultimatum. Nous sommes presque obligés de signer une confession déclarant que nous avons pénétré «par effraction», que nous avons «pris possession» des lieux, que nous avons refusé d’enlever le cadenas, etc.. En échange de ces aveux, la mairie ne portera pas plainte.

Nous n’avons rien signé, le cadenas a disparu ce soir. On aime la Nature, mais on préfère éviter les ennuis.

Ainsi donc, à deux jours des Jardinades de Chaville, un petit coin de Paradis a été rendu à la bureaucratie municipale chavilloise. Plutôt que d’ouvrir et de partager cet espace vert pendant ses derniers mois d’existence, avant l’arrivée des bétonneuses, la mairie préfère le garder à l’abandon.

C’est sans doute pour préserver nos enfants de la tristesse de voir se transformer un jardin splendide, rempli de chants d’oiseaux et de verdure, en route ou en parking que la ville de Chaville a préféré nous obliger à quitter cet endroit magique.

Une rose de couleur fuchsia

PS (ajout après la publication du billet): Un coup de fil de la mairie, le vendredi 20 mai à 19h00, nous informe que Monsieur Tampon-Lajarriette veut que nous signions le document ce soir. Pourquoi tant d’insistance?

mardi 10 mai 2011

La chimère que le bon peuple ne doit jamais voir

«Mais vous êtes qui, nom de Dieu !?»

Le motard continua sans se retourner, «je suis la raison d’État. La chimère que le bon peuple ne doit jamais voir», puis il sortit et disparut.

DOA - Le Serpent aux mille coupures

samedi 12 mars 2011

Un portrait du père silencieux

[…] les mères nous tirent à elles autant qu’elles peuvent, on croit leur ressembler, on pense avoir leur perfection leur art leur beauté leur bonté et on s’aperçoit que c’est un mensonge, qu’on est un homme, un portrait du père silencieux, un décalque, une statue animée, alors on ignore vers où on est envoyé, vers où on s’en va, sur des traces invisibles, pourquoi on s’éloigne aussi sûrement de la mère et de la soeur, un aimant nous tire vers un monde abominable de cris dans la nuit,[…]

Mathias Enard - Zone

lundi 7 mars 2011

Jésus était

Chacun savait que pour les catholiques Jésus était le fils de Marie, pour les baptistes il était le sauveur, pour les juifs il n’était rien, et pour les méthodistes il était une déduction fiscale.

Tristan Egolf - Le seigneur des Porcheries

samedi 5 mars 2011

Note de bas de page implicite

Doc connaissait la réponse probable: «Je l’aime», quoi d’autre? Assortie de la note de bas de page implicite, comme quoi le terme ces temps-ci était vachement galvaudé. Quiconque se voulait un minimum dans le vent «aimait» son prochain, sans parler des autres applications pleines d’intérêt, comme d’embringuer des gens dans des activités sexuelles auxquelles, s’ils avaient eu le choix, ils ne seraient peut-être pas souciés de participer.

Thomas Pynchon - Vice Caché

mercredi 13 octobre 2010

De toutes les îles visitées

De toutes les îles visitées, deux étaient prodigieuses. L’île du passé, a-t-il dit, où n’existait que le temps passé et dont les habitants s’ennuyaient et étaient raisonnablement heureux, mais où le poids de l’illusion est tel que l’île s’enfonçait chaque jour un peu plus dans le fleuve. Et l’île du futur, où le seul temps qui existait était le futur, et dont les habitants étaient rêveurs et agressifs, si agressifs, a dit Ulises, qu’ils finiraient probablement par se bouffer les uns les autres.

Roberto Bolanõ - Les Détectives Sauvages

mardi 9 mars 2010

La fin des temps

Les romans d’Haruki Murakami sont pour moi une source de bien-être et de satisfaction. En avoir toujours un d’avance dans ma pile de livres à lire est une assurance contre les mauvais ouvrages, le mauvais temps et le mauvais sort. C’est un réconfort sur commande. La fin des temps a parfaitement rempli ce rôle de rayon de soleil pendant un mois de février bien pluvieux.

Les chapitres impairs de l’ouvrage racontent, à la façon d’un roman noir, les aventures d’un informaticien engagée pour crypter des données. Les chapitre pairs narrent quant à eux la découverte d’un village par un nouvel habitant. Ce village, sa forêt, ses collines et sa rivière, sont isolés du reste du monde par une muraille. Ils obéissent à des règles étranges. Par exemple ils accueillent des licornes pendant la journée, qui ressortent hors des murs pour la nuit. Le héros, qui n’a pas de nom, devient le liseur de rêves de cette communauté.

À la fin du livre il est révélé que les murailles encerclent le monde intérieur de l’informaticien. Ce dernier a la particularité d’avoir un univers intérieur stable et cohérent. De ce fait il est le seul survivant d’expériences sur le cerveau menées quelques années plutôt par l’entreprise qui l’emploie.

Le nouveau venu au village comprend qu’il est à l’origine de cette ville parfaite, où tous les habitants ont une fonction à remplir, où personne ne peut blesser personne, parce que tous ont perdu leurs ego et leurs coeurs. Dans les dernières pages du livre il découvre un moyen de partir et de retourner vers le monde d’où il vient.

Par amour, et parce qu’il se sent responsable de ce lieu, il décide de rester. Même en étant exclu et obligé d’aller vivre dans la forêt, il préfère rester à l’intérieur des murailles de son esprit. Avait-il vraiment le choix? L’informaticien voulait continuer à vivre. Son cerveau a été câblé pour que l’individu physique disparaisse au sein de sa conscience.

Aussi il est difficile de savoir si l’habitant du village a pu décider de rester - auquel cas l’informaticien aurait eu un choix inconscient opposé à son choix conscient - ou bien si la décision de rester a été imposée par la structure du cerveau hébergeant cet univers. Le seul choix issu de son libre arbitre semble être celui de garder son coeur, de redonner le sien à la femme qu’il aime et de s’exclure ainsi de la ville.

Par contrainte extérieure, ou par choix inconscient, le héros de Murakami va abandonner son corps et ses sensations physiques qui le relie au monde pour entrer dans un univers virtuel. Il vivra dans l’éternité de sa conscience, de ses rêves. C’est un destin de Pygmalion inversé, un Pygmalion disparaissant dans la création de son esprit, au lieu d’amener à la vie à cette création.

samedi 6 février 2010

De La Zone du Dehors à Centrale Europe, et retour

Curieux hasard combiné des sorties de livres en poche, de mes achats, et de mes choix de lectures.

Après avoir fini l’année 2009 en terminant le superbe La Zone du Dehors, j’ai passé tout le mois de janvier, du 1 au 31, à ne lire qu’un seul livre: Centrale Europe. Le hasard, donc, a donné à ces deux livres un thème commun: celui du totalitarisme.

La Zone du Dehors, d’Alain Damasio, décrit le totalitarisme doux d’un univers de science fiction, d’une société du contrôle généralisée, d’une démocratie molle où les libertés ont été abandonnées en échange de la sécurité. Cet univers n’est qu’un portrait à peine déformé de notre quotidien. Le roman s’attache à décrire le combat de quelques uns pour sortir de ce carcan, pour redonner au plus grand nombre l’envie d’imaginer une autre vie, puis de la vivre dans son entièreté.

Centrale Europe quant à lui n’est pas qu’un roman. C’est un ensemble de tableaux mettant en scène des personnages fictifs ou réels dans des situations historiques. Certains de ces épisodes sont indépendants de tout fil narratif. D’autres constituent des chapitres plus classique de romans. Tous ces récits dessinent une mosaïque représentant l’Europe, du moins la Centrale Europe ainsi que l’appelle l’auteur.

Dans ce livre la puissance du verbe de Vollman retranscrit la violence, l’horreur et l’absurdité des pires évènements du vingtième siècle européen: guerre, camps d’extermination, police secrète, goulag, etc.

Les dérives liberticides actuelles apparaissent alors dérisoires par rapport aux totalitarismes du passé. Surveillance généralisée, sur internet ou dans la rue, limites de la liberté d’expression, tout cela ne mènera pas forcément à un totalitarisme aussi dur que ceux du passé, difficile à dépasser. Mais cela ne doit être le prétexte pour abandonner la lutte.

Le bienfait du livre La Zone du Dehors est justement de donner de l’envie de se battre. Il décrit le devenir de nos démocraties où la technologie ne sert qu’au biocontrôle et à restreindre les libertés, où la société du loisir satisfait la classe moyenne pour qu’elle oublie ces contrôles, ces restrictions et le sort des laissés pour compte, où l’infantilisation de la population va jusqu’au renommer chaque individu selon sa position, son métier, ses capacités.

Cette société du contrôle apporte le confort au plus grand nombre et étouffe quelques uns. Étouffement physique, étouffement moral, étouffement psychique, ces quelques uns ont besoin de ce soulever contre ce confort. Leur combat est l’histoire du livre. La Zone du Dehors interroge ouvertement le bien fondé d’une telle révolte dans une société qui satisfait le plus grand nombre.

Aucune réponse simple n’est trouvée. Car en définitive c’est au lecteur de répondre. Ce qui pourra le convaincre, c’est le souffle épique, la rage, le désir sauvage d’émancipation, et la foi en la nature humaine du roman.

lundi 9 novembre 2009

Chroniques de l’oiseau à ressort

Voilà un livre qui donne envie de se cuisiner de spaghettis, de quitter son travail du jour au lendemain pour devenir homme au foyer, de s’isoler au fond d’un puits à sec pendant plusieurs jours en jeûnant, de faire des rêves érotiques, de s’asseoir sur un banc et de regarder les gens passer pour laisser venir à nous la solution à nos problèmes.

C’est aussi le premier livre d’Haruki Murakami que je lis sombre au point de faire peur, et d’angoisser. C’est même un roman difficile à lire dans l’obscurité, par exemple le soir dans son lit, sans ressentir le besoin de vérifier par dessus son épaule qu’il n’y a aucune présence indésirable, anormale, derrière soit.

On y reconnaît certains des thèmes habituels de Murakami: des femmes qui disparaissent; «la crise de la trentaine», avec des personnages qui se retrouvent dans une vie qu’ils n’ont pas choisie. Le thème du fil ténu qui sépare une réalité d’une autre réalitée, avec cette question qui accompagne le narrateur : « À quel moment les choses ont commencé à ne plus se dérouler comme elles sont supposer le faire, à quel moment suis-je passé de l’autre côté ? ».

Le thème de la fidélité, très présent, est plus original pour un roman de Murakami. Fidélité en amour et dans le mariage : le narrateur, quitté par sa femme, va tout faire pour la retrouver et la récupérer. Fidélité aux principes, à ce qu’on est, à ce qu’on est supposé faire. Cet attachement à des valeurs guide le héros que traversent des réflexions telles que « Combien de temps dois-je rechercher un chat disparu ? », « Ai-je le droit de quitter, de fuir, ma maison sans avoir résolu les problèmes qui y sont liés, dont je perçois à peine l’existence ? »

Mais ce qui distingue avant tout ce livre des autres livres du même auteur est le sentiment d’angoisse, jamais aussi fort, lorsque le thème du Mal est abordé. Dans l’histoire le mal, sentiment diffus d’un secret malsain, chose étrange qui poursuit le héros narrateur dans les rêves, est incarné principalement par Noboru Wataka, son beau frère.

Il se présente aussi concrètement dans des actes du passé, commis dans les années 30 et 40 par des japonais, des soldats russes sur le continent chinois et dans les mines du goulag.

Voilà donc un livre d’Haruki Murakami, toujours agréable à lire, mais plus noir, moins léger que les autres.

jeudi 15 octobre 2009

Le gâteau d’Achille

L’origine du gâteau d’Achille

Achille est un petit crocodile qui décide, du jour au lendemain, de ne plus manger de bananes pour manger un enfant. Ses parents lui préparent alors un énorme gâteau, pour le faire changer d’avis.

Le gâteau d’Achille préparé par ses parents

À l’occasion d’un anniversaire familial, c’est le gâteau d’Achille qui m’a été demandé. Voici donc la recette.

La génoise

Tout d’abord il faut préparer la génoise. Il est plus simple de la préparer la veille. Sa recette est la suivante.

Ingrédients pour un moule de 24 cm de diamètre :

  • 150 g de farine
  • 150 g de sucre
  • 5 oeufs
  • 20 g de cacao pur non sucré
  • 1/2 paquet de levure chimique

Préparation :

  • Séparer les blancs des jaunes.
  • Bien travailler les jaunes au fouet en ajoutant le sucre petit à petit ainsi qu'une cuiller à soupe d'eau tiède.
  • Quand le mélange devient plus clair et plus fluide, ajouter la farine et le cacao, puis la levure.
  • Mélanger encore.
  • Battre les blancs en neige ferme et les incorporer délicatement.
  • Beurrer le moule.
  • Faire cuire dans le four préchauffé à 180°C (thermostat 6) pendant 30 minutes.
  • Vérifier la cuisson avec la pointe d'un couteau qui doit ressortir sèche.

La garniture

Il faut couper la génoise en trois. Entre les deux couches basses j’ai choisi de mettre une crème au chocolat.

Ingrédients :

  • 200 grammes de chocolat noir (à croquer);
  • 130 grammes de sucre;
  • 200 grammes de beurre;
  • 4 oeufs.

Préparation :

  • Faire fondre le chocolat cassé en morceaux, sur feu doux avec le beurre coupé en parcelles.
  • Travaillez le sucre et les jaune d'oeufs jusqu'à la fonte du sucre.
  • Ajoutez en remuant vivement au chocolat fondu.
  • Battez les oeufs en neige très ferme,
  • incorporez au mélange précédent.

Entre les deux couches hautes, j’ai mis des poires au sirop, découpées en lamelles. Et encore un peu de mousse au chocolat, en en réservant assez pour le nappage.

Finitions

J’ai donc nappé le gâteau de mousse au chocolat, mais aussi de crème pâtissière (après coup j’ai réalisé que j’avais confondu crème pâtissière et crème anglaise). Pour cette dernière j’ai suivi la recette de Super Toinette. Comme j’ai versé un peu trop de vanille, que j’utilise du sucre roux, et qu’enfin je l’ai légèrement trop cuite, la crème était plus marron clair que jaune. Cela ne l’a pas empêchée d’être très appréciée.

À la fin j’ai aussi ajouté quelques bonbons et de la crème chantilly pour décorer.

Photo

Voici le résultat final:

Le gâteau d’Achille réalisé par Michaël

Certes le gâteau est moins impressionnant que celui d’Achille. Il a l’air avachi, et d’avoir eu un coup de chaud. Mais il était très bon. Sa durée de vie a été très courte pour un spécimen de sa taille.

(Le total des calories contenu dans le gâteau d’Achille est laissé en exercice au lecteur)

samedi 19 septembre 2009

Angle mort

Un angle mort. Cette femme avait sûrement raison. Il y avait dans mon esprit, dans mon corps, dans mon existence même, un monde englouti, perdu quelque part. C’était peut-être ça qui faisait que ma vie s’écartait légèrement de ce qu’elle aurait dû être.

Haruki Murakami - Chroniques de l’oiseau à ressort

vendredi 18 septembre 2009

Pygargue sachant pêcher

Ce n’est pas de facile de prendre en photo un pygargue à tête blanche en train d’attraper un poisson. Surtout avec un vieux appareil compact de cinq ans. Au final cela donne les deux images suivantes.

Un pygargue en approche sur une mare

Un pygargue en train d’attraper un poisson dans une mare

lundi 24 août 2009

Excès de vacances

Mon premier excès de vacances a lieu au moment de choisir les livres que je vais emmener avec moi. Trois semaines en montagnes nécessitent un stock important et varié de lectures.

Pile de livres

Cette année j’ai fait des progrès. Je n’ai pris aucune bande dessinée qui entrait à peine dans la malle, sans être ouverte ensuite. Je me suis contenté d’un stock de comics pour lire sur l’écran de mon ordinateur. Heureusement que leur encombrement était minime, car je n’en ai lu aucun.

Deux jours après mon arrivée j’avais terminé le livre commencé avant de partir. L’année dernière j’avais passé plus d’une semaine à finir Trois Fermiers s’en vont au Bal avant de commencer 2666. Cette année je suis rentré dans Mexico dès les premiers jours.

Au final sur les neufs livres emportés:

  • J’ai lu deux chapitres du roman anglais;
  • J’ai lu une nouvelle du recueil de l’auteur japonnais, ce qui m’a permis de finir le livre;
  • Je n’ai même pas feuilleté le plus minces de toutes les livres;
  • J’ai commencé à apprendre à jouer au jeu d’échecs, mais je débute encore;
  • J’ai lu la moitié d’un livre;
  • J’ai découvert qui était Martin Mantra;
  • J’ai pas ouvert le livre de David Allen en anglais;
  • Ni le numéro de la Revue Multitudes sur le Revenu Universel;
  • J’ai vaguement ouvert un ouvrage en français traduit de l’anglais.

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